1 8, Le Soleil de Vancouver, 7 décembre 1973 LE MONDE DES INSECTES (Suite) - La Nature est tellement par- faite que tout a sa raison d’- étre! Avons-nous la sagesse de le reconnaftre. Le développement des cul- tures intensives et extensi- ves provoque un probléme inattendu: la proliferation d’ insectes, que l’on a dé- nommés _ nuisibles, parce qu’ils utilisent les mémes sources d’alimentation pour survivre que les humains. Dés l’instant que ces sour- ces décuplérent, il leur fut possible de se multipli- er et de s’établir de fagon jamais vue jusqu’alors;]’é- quilibre naturel était rompu; il eut fallu sans doute des années 4 lanature pour trou- ver une solution, avec le dé- veloppement d’autres espé- ces animales se nourrissant de ces insectes, car c’est ainsi que la nature s’équili- bre. Mais iln’était pas ques- tion, pour l’homme, d’atten- dre; fort de sa puissance technologique, il créa des . produits toxiques visant A détruire ces insectes enne- mis. Helas! c’est 18 que le_ drame commenga; le résul- tat de cette destruction sem- bla étre une victoire: il n’y avait plus d’insectes et pen- dant quelques années, les cultures - furent sauvées. C’est ainsi que débuta la guerre des insecticides. On devait constater bien vite que l’action de ces produits n’était efficace que pendant une trés courte durée; on développa de nouveaux pro- duits. On réalisa que les insectes nuisibles sem- blaient s’habituer 4 ces produits et l’on multiplia les poisons et leur fagon d’ AGIR.- Personne eut le moin- dre souci pour les insectes non-nuisibles et les animaux se nourrissant des insectes nuisibles qui devaient périr par ces insecticides. Le dé- séquilibre ne fut que de plus en plus grand, la lutte de plus en plus sérieuse 4 un coat de plus en plus é- levé; et nous réalisons fi- nalement, mais alors qu’il est presque troptard, que nous nous empoisonnons nous-mémes avec ces pro- duits toxiques quise sont ac- cumulés dans le sol, qui ont pénétré dans les fruits et les legumes ou qui se sont concentrés dans la_ chair des animaux que nous man- geons et dans le lait que nouSs buvons. Que va-t-il donc se passer. Nous ne savons pas encore ce qui va se passer. Cela va dépendre de nous car c’ est l’opinion publique qu’il faut changer. Le probléme ne dépend pas uniquement de Jl’agriculture; il existe dans nos jardins, A une é- chelle réduite, mais il est 14; quelle est votre ré- action 4 l’apparition de quelques pucerons sur vos rosiers. Que se passe-t-il quand vous pulvérisez votre gazon pour vous débarras- ser des larves de mousti- ques. N’est-ce-pas un _in- secticide que vous employ- ez. Bien sar! la compagnie qui effectue ce travail ne va point vous effrayer en di- sant que ces produits sont toxiques et qu’ils vont dé- truire en méme temps les mauvais et les bons; mais ne vous demande-t-on pas de garder votre chien A l’intérieur pendant un jour ou deux pour éviter qu’il ne s’empoisonne! Mais, 4 cdté de ce pro- bléme d’empoisonnement par les insecticides, il ex- iste une autre source de dé- séquilibre du milieu naturel source dont nous sommes responsables: 1a pollution dQe 4 notre technologie mo- derne et 4 ses produits. Les insectes ne sont pas direc- tement concernés par lapol- lution, mais les oiseaux, les petits mammiféres et les poissons qui vivent de ces insectes et permettaient que l’équilibre soit possible, disparaissent A cause de la pollution de l’air et des eaux (tandis que les insectes peu- LE’ PUCERON VERT DU PECHER PONE STANTON SE NLS ERNE eer LA SEULE BOUCHERIE CHEVALINE DE LA N A G& PRIX SANS CONCURRENCE tk ~S SPECIALITE S HOLLANDAISES ~~ fe werZ gx X PROVINCE DE COLOMBIE BRITANIQUE . oF a. DEST Bi Food ¢ 633 E.HAastines Ph. 254-7515 vent proliférer A leur gui- sel). Mais que peut-on faire pour arranger tout cela. Dans le domaine de la re- cherche, des spécialistes é- tudient (enfin!) le comporte- ment des insectes, leur fagon de vivre, leurs moeurs et leur raison d’étre. Mais nous verrons cela une prochaine fois; par contre, voyons 4 présent ce que tout individu peut faire pour aider 4 re- dresser la situation (je de- vrais méme dire ‘‘dois fai- re’’). Avant tout, nous devons ré- duire l’usage des poisons et tout particuliérement les produits chimiques dont nous connaissons les effets di- rects mais pas le contre-ef- fet (pour le DDT, cela prit plus de dix ans et, pendant ce temps, le produit s’est ac- cumulé provoquant la mort de tant d’animaux); ces pro- duits chimiques englobent: insecticides, herbicides et des fongicides. Ces poisons ne devraient étre utilisés que par des spécialistes, et sous controle trés sévére, dans des cas critiques seulement. Il faut ensuite apprendre A reconnaftre les insectes u- tiles (et ne point les détrui- re sans distinction). Sa- chons que seulement ‘*UN POUR CENT’’ des insectes est nuisible; mais nous yre- viendrons, car ily a _ beau- -coup a dire A ce sujet. Nous verrons donc com- ment nous protéger des in- sectes nuisibles et comment lutter contre ceux quipour- raient attaquer nos jardins soit par des moyens biologi- ques, soit par des moyens physiques. (A suivre). Impressions par Ariéle Marinie — L?’AMI WOLF Wolf avait beaucoup mar- ché. Il est entré dans une boutique de souvenirs et s’est mis 4 regarder chaque objet attentivement, essay- ant de se le représenter sur la commode de son living- room. Non, ce genre d’ob- jets n’était pas fait pour son living-room, mais il y a des maisons ot ce genre d’ objet n’est pas déplacé, gen- re intérieur de banlieue de la classe moyenne. Il examinait une poupée de porcelaine miniature, genre bibelot de patisserie fran- gaise. La poupée était ro- se, joues roses, robe ro- se, un bouquet de fleurs bleu-pale garni-.de minus- cules feuilles vertes dans les mains. ‘’ Tl eut un moment envie de la laisser choir’ sur -ET LE Noe A [a Bes eae seers oe Ppa ie BA LAGNA LN EL NESEN SESS EIST INES le plancher, par pure mé- chanceté envers les petits intérieurs de banlieue, puis il se ravisa et la reposa sur son étagére. Ca cofttait qua- tre-vingt-cing cents, et ¢a ne valait pas la peine de ga- cher quatre-vingt-cing cents pour les petits appartements de la classe moyenne. Aussitot qu’il eft réalisé l’inutilité de sa méchanceté, il se sentit pris d’un insur- montable ennui et sortit en hate de la boutique. Il y a- vait d’autres boutiques de ce genre dans la rue, toute la ville en était pleine d’ail- leurs, aussi il évita de les regarder: elles le dépri- maient. Il se mit 4 marcher un peu plus vite en direction du café ot il avait rendez- vous avec des amis, des a- mis trés ennuyeux qui par- laient toujours de politique, puis il se dit qu’il n’avait pas envie de les voir et dé- cida de s’arréter 4 un autre café of ilne connaissait per- sonne. f pl l N Jd 2