Le Moustique ! ... Pacifique CONCOURS REINE ELIZABETH Entre-temps, les concertos imposés avaient été réservés aux compositeurs belges - a une notable exception prés. De 1951 a 1956, il s'agira d'un concours national ; mais de 1959 a 1989 (a l'exception de 1987, ot la formule du concours ouvert aux seuls candidats belges refait briévement surface), il s'agira d'oeuvres commandées. Cette vingtaine de concertos belges fera couler beaucoup d'encre. Trop modernes, pas assez modernes, trop difficiles, pas assez difficiles... Que n'a-t-on dit de ces concertos, qui s'efforcaient, pour la plupart avec des qualités indéniables, a la fois d'étre le fidéle reflet du style de leur auteur et de permettre la mise en évidence des talents d'interprétes si divers... A les réécouter, a notre époque ot les diktats esthétiques sont moins puissants sans doute, l'envie prend aujourd'hui de sortir la plupart d'entre eux de leur purgatoire. On en trouvera un échantillonnage significatif dans les parutions du cinquantenaire. Orchestres L'accompagnement orchestral fait partie intégrante des finales depuis le premier concours Ysaye. A I'époque, le Grand Orchestre Symphonique de I'INR (Institut National de Radiodiffusion), reécemment créé, avait rempli glorieusement sa mission sous la baguette de son chef et fondateur Franz André. Violoniste de talent, disciple de Weingartner, volontiers tyrannique, André s'était imposé, il est vrai, comme un chef de grande envergure, créant un nombre élevé d'ceuvres importantes de Stravinsky, Milhaud ou des meilleurs compositeurs belges. C'est lui que l'on retrouvera dés 1951 au pupitre périlleux du " Reine Elisabeth ", mais a la téte de I'Orchestre National. Volume 6 - 11e¢ Edition Grande Musique classique — Concours ISSN 1704-9970 Novembre 2003 Né officiellement en 1936, I'Orchestre National de Belgique avait connu un bel essor. II avait bénéficié jusqu'a la guerre de la collaboration trés réguliére d'Erich Kleiber, et allait connaitre son apogée vers 1960, quand son directeur musical n'était autre qu'André Cluytens. Mais la disponibilité nécessaire au chef du " Reine Elisabeth " est grande, et Cluytens n'apparaitra que sporadiquement dans le cadre du concours. Franz André incarnera donc a lui seul " l'orchestre du concours " de 1951 a 1964. Sa vaste expérience, sa familiarité avec les langages contemporains, sa souplesse d'accompagnateur y feront merveille, et son sang-froid lui vaudra la reconnaissance éternelle - ou I'ingratitude - de quelques candidats repéchés a la suite d'un trou de mémoire, d'une corde cassée ou d'une " page qui colle ". Membre du jury en 1967, Franz André n'occupe plus alors le pupitre : il a laissé sa place 4 René Defossez. Une page est tournée. La communautarisation progressive de la culture en Belgique imprime sa marque dans les choix qui seront faits alors. L'Orchestre de la Radio Télévision Belge (RTB/BRT) succéde a I'Orchestre National, tant6t avec un chef flamand (Daniel Sternefeld, 1968), tant6ét avec un chef wallon (René Defossez, 1971). Si l'Orchestre National reparait en 1972 sous la direction de Defossez, ce sont les orchestres de radiotélévision désormais scindés (RTB et BRT) qui sont destinés 4 accompagner les futures éditions. Mais la participation de I'Orchestre de la BRT en 1975, sous la direction d'Irwin Hoffman, sera sans lendemain. L'Orchestre National revient dés 1976, sous la direction de Georges Octors, excellent violoniste par ailleurs, dont les qualités d'accompa- gnateur seront trés appréciées. Les meilleurs jours du National apparaissent cependant alors révolus. Personne ne s'étonne lorsque, aprés 1993, la décision est prise de s'adresser aux orchestres symphoniques de Liége et d'Anvers, élevés entre-temps grace au soutien des Communautés Flamande et Francaise au rang de phalanges de niveau international : l'Orchestre Philharmonique de Liége (dont le directeur artistique Pierre Bartholomée, dirigera lui-méme la session de 1995) et l'Orchestre Royal Philharmonique de Flandre (1997). Cependant dés 1999, I'orchestre National de Belgique, en pleine renaissance, est redevenu un complice régulier pour les sessions de violon et de piano. Quant aux sessions de chant, elles ont trouvé dés l'origine (1988) en l'orchestre Symphonique de la Monnaie un partenaire idéal. Suite en page 20