. WASHINGTON - 4, Le Soleil de Vancouver, 6 juillet 1973 PARIS - Dans un “livre blanc’’, le gouvernement frangais a exposé ses argu- ments pour poursuivre ‘‘la mise au point d’un armement nucléaire nécessaire 4 sa sécurité et A son indépen- dance’’ par le moyen ‘‘d’es- sais nucléaires en nombre trés réduit effectués au cen- tre d’expérimentation du Pa- cifique’’. ' Un porte-parole du minis- tére des Affaires étrangéres a précisé, en réponse 4 des questions, que le choix des questions, que le choix du moment pour la parution de ce document, dont il avait été question il y a plusieurs semaines déja, était sans rapport avec la conclusion des accords entre les Etats- Unis et_l’URSS sur les ques- tions nucléaires, comme de l’annonce par Pékin d’une nouvelle explosion thermo- nucléaire chinoise. Le texte et ses annexes techniques, scientifiques et juridiques, répond implici- tement 4 la fois aux cam- pagnes déclenchées, notam- ment en Australie et en Nou- velle-Zélande contre la sé- rie attendue d’essais nuclé- aires frangais dans le Paci- fique Sud et A larrét **conservatoire’’ de la Cour internationale de La Haye, invitant le gouvernement francais 4 s’abstenir de pro- céder A ces essais. Le gouvernement frangais affirme notamment dans ce texte, long, avec ses an- nexes, de 115 pages, que “les campagnes d’hostili- té menées contre les expé- riences nucléaires auxquel- les la France a procédé dans le Pacifique sont dé- pourvues de base scientifi- que sérieuse. Elles ne sont: fondées juridiquement sur aucune régle du droit inter- national’’. **Aussi, souligne le livre blanc, la question reste po- sée de savoir si les mani- festations et les démarches organisées contre nos expé- riences nucléaires n’ont pas d’autres mobiles que le sou- ci de l’environnement abso- lument préservé, ou des nor- mes du droit international, absolument respectées. A V’origine de certaines cam- pagnes, n’y aurait-il pas le désir de géner notre politi- que de défense et de contra- rier notre volonté d’indépen- dance **Mais, le gouvernement frangais affirme en-conclu- Washington a refusé la visite Les auto- rités américaines, appuyées par les Britanniques, ont empéché que le Concorde atterrisse aux Etats-Unis le mois dernier, comme le sou- haitaient les constructeurs francais de 1l’appareil, ré- véle cette semaine le maga- zine Aviation Week. L*hebdomadaire €crit que: les Frangais avaient prévu d’envoyer A Washington, 4 la veille de l’ouverture du Salon aéronautique du Bour- get, le prototype 02 de l’avion franco - britannique, pour transporter & Paris une di- zaine de parlementaires américains. Le vol transatlantique avait été répété sur le trajet Tou- louse-Islande, et le pilote d@essai Jean Franchi avait méme été envoyé aux Etats- Unis pour discuter des pro- cédures d’atterrissage. Mais les dirigeants britan- niques se sont fermement, opposés A ce projet qui ne leur paraissait pas oppor-. tun dans les circonstances actuelles, point de vue auquel s’est ralliée 1l’administra-. tion américaine qui a fait valoir aux Frangais que la venue du Concorde aux’ Etats-Unis pourrait raviver V’opposition des défenseurs de l’environnement et inciter le congrés A voter une légis- lation limitant le niveau so- nore des avions supersoni-. ques, plutdt que de laisser l’administration décider el- le-méme des normes appli- cables. L’administration fédérale de l’aviation (FAA) prévoit d’autre part d’octroyer A. Concorde son certificat de navigation pour les Etats- Unis en méme temps que la Francé et la Grande- Bretagne. Selon M. Alexan- der Butterfield, administra-: teur de la FAA, la procédure américaine est déja complé- tée A 85 pour cent. M. Butterfield a rappelé d’autre part que rien n’em-- péchait actuellement. Concorde d’atterrir aux’ Etats-Unis od les limitations de bruits édictées au niveau. fédéral ne s’appliquent pas’ 4le CONGRES ANNUEL| ‘des Hebdos du Canada a Vancouver 20-21-22-23-24 juillet 1973| sion de ce document, ne laissera pas mettre en cause l’objectif fondamental de la sécurité et de l’indépendan- ce du pays’’. Le texte justifie la pour- suite des essais nucléaires par deux séries d’argu- ments, d’ordre technique, scientifique et juridique. Ces arguments, souligne-t-on 4 Paris, ne constituent pas un Plaidoyer face A la Cour internationale de La Haye, dont la France a récusé la compétence en matiére de défense nationale. D’un point de vue techni- que et scientifique, le livre blanc reléve le nombre et le volume trés réduits des ex- périmentations francaises par rapport 4 celles aux- quelles avaient procédé, avant le traité de 1963 in- terdisant les tests aériens, les Etats-Unis et 1’URSS. Au ler janvier 1972, la France avait effectué 30 des 392 tirs réalisés dans le monde. : Le document indique égale- ment que les tirs sont ef- fectués avec une technique particuliérement ‘‘propre’’, dans un site éloigné des ré- gions peuplées et avec une surveillance rigoureuse de de Concorde aux avions supersoniques. Le fait que plusieurs Etats ou municipalités puissent combler cette lacune pour empécher Concorde d’atter- rir sur leurs aéroports, ne constitue qu’un probléme mineur qui peut étre sur- monté, a assuré M. Butter- field. Une centrale atomique dans I’Arctique MOSCOU — Ce qui semble étre la premiére centrale ato- mique de !’Union soviétique dans l’Arctique vient de com- mentér “4 fonctfonmer dans la péninsule de Kola. Cette centrale de 440 méga- watts fournira ces jours-ci de Vélectricité 4 la petite ville de Karelia, 4 la région d’Ar- changel et & certains sec- teurs de Leningrad. _ La construction d’un second réacteur sera terminée vers 1975. Le communiqué n’indi- que pas s'il s’agit d’une usine a l’uranium naturel, 4 Yuranium enrichi ou autre mais on sait que, depuis quelques années, l’URSS tra- vaille 4 mettre au point des super-réacteurs. “Pas de luxe ?” "Je divorce !” HAIFA (UPI) — Mile -Miri Zamir, ancienne “Miss Israél”, a décidé de divorcer. Elle réclame $400 par mois de pension alimentaire pour “promesse non tenue”. L’avocat de Mile Zamir a précisé que la promesse en’ question était de lui assurer ‘Juxe et richesse’’. la radioactivité. Les mesu- res relevées, poursuit le do- cument, sont transmises chaque année au comité scientifique des Nations unies pour 1l’étude des ra- yonnements ionisants. Elles sont en outre confrontées avec les observations des pays intéressés : en mars 1973, des experts austra- liens et néo-zélandais ont ainsi pu visiter les sites de tirs francais. Ces diverses données, poursuit le livre blanc, ‘*permettent de vérifier 1’ innocuité des expérimenta- tions francaises.’’ A l’appui de cette thése, le docu- ment affirme : Un voyage en avion d’Australie vers la France apporte, du fait des rayons cosmiques, 10 mil- lions, soit 50 fois la dose annuelle due en Australie aux essais frangais. Du point de vue juridique, le livre blanc rappelle que lVAustralie et la Nouvelle- Zélande avaient toujours re- connu la légalite des expé- riences américaines et bri- tanniques. L’Australie avait méme mis les fles de Monte- bello et Maralinga, qui font partie de son territoire, Ala disposition de la Grande- La France justifie son programme nucléaire — Bretagne pour qu’elle y ef- fectue ses essais nucléaires dans les années 50. Le livre blanc révéle éga- lement que 1’Australie et la Nouvelle-Zélande n’avaient jamais invoqué la théorie dite des ‘*avantages compen- satoires’’, d’aprés laquelle elles auraient le droit de refuser des risques causés par des expériences nuclé- aires, non compensés par des avantages jugés suffi- . Sants. Le droit international n’ ayant pas évolué, poursuit le livre blanc, les expé- riences frangaises doivent étre appréciées avec les cri- téres qui étaient appliqués aux expériences atomiques effectuées dans 1’atmos- phére avant le traité de 1963. En outre, ajoute le docu- ment, les réglementations récentes en matiére de pro- tection de l’environnement ne fournissent aucun fonde- ment aux critiques del’Aus- - tralie et de la Nouvelle- Zélande. Le Brésil s‘attaque maintenant au ciné ma et interdit 10 films BRASILIA , , - La censure au Brésil a étendu son champ d’action: aprés les quotidiens et les hebdomadaires, le cinéma est a son tour soumis aux rigueurs des censeurs, a la demande méme du chef de la police fédérale, le géné- ral Antonio Bandeira, apprend-on de source bien informée. Les autorités ont en effet décidé d’interdire dix films (huit étrangers et deux brésiliens), qui sont déja projetés depuis plusieurs semaines a travers le pays, et qui ne le seront plus désormais. Parmi eux, on trouve notamment le film francais “Le souffle au coeur”, les films italiens “Sacco et Vanzetti’, ‘La classe ouvriére va au Paradis’’ et “Le rebelle’’, et le film brésilien “Les puceaux Dipanema’’. Cette nouvelle mesure, indique-t-on en- core de méme source, vise notam- ment a empécher |’encouragement aux choses licencieuses, a la vio- lence et a la subversion implicite, contenues dans ces films. Au cours des derniers mois, les observateurs ont pu constater un durcisement. général de la censure au Brésil. Ainsi, en avril, les auto- rités décrétaient que toutes les re vues et les magazines en vente dans le pays devaient présenter un exemplaire de chacun de leurs nu- méros au département de la cen: sure. La premiére semaine aprés entrée en vigueur de ce décret, 60 revues, la plupart 4 caractére éro- tique, avaient été interdites daris le pays, par ailleurs, un journal a ca- ractére politique tel que ‘“‘Opiniao”’ était également frappé par cette mesure : cette semaine, 19 de ses 46 articles ont été censurés. “Opiniao” a dailleurs saisi Ja Cour d’appel la semaine derniére pour protester contre cette censure. Au cours de la premiére audience a Brasilia, les autorités ont .an- noncé par écrit — et cela pour la premiére- fois depuis que la censure est appliquée au Brésil — que la censure était ‘tégale, et qu’aucun; tribunal n’avait le droit, en con« séquence, d’en débattre. Le journal. officiel confirmait, également pour la premiére fois, que la censure était légale au Brésil, en vertu de l’article 9 de l’Acte constitutionnel numéro 5, concernant les mesures prises pour sauvegarder l’ordre dans le pays. : Se eueusasaqeoeeeeeeeeeeeeee es La télévision belge. souligne le ler juillet BRUXELLES — Le réseau francais de télévision en ' Belgique souligne la féte du premier juillet au Canada, la Féte de la Confédération, notamment par une émis- sion de 75 minutes ot l’on parle abondamment des réali- sations canadiennes en matiére de bilinguisme. M. Hamilton Southam, directeur général du Centre national des arts 4 Ottawa, et M. Keith Spicer, commis- saire aux langues officielles, sont au nombre des person- nalités canadiennes qui s’adressent aux téléspectateurs belges. L’un et l’autre utilisent le francais avec beau- coup d’aisance. _ L’ambassadeur du Canada en Belgique, M. Jules Léger, s’adresse également aux téléspectateurs belges. Il' note qu’il y a en Belgique, tout comme au Canada, deux; grandes communautés linguistiques, et que les solutions. que l’on propose en Belgique pour régler le probléme du. bilinguisme “sont étudiées avec grand soin” au Canada ’ et il ajoute qu’elles “peuvent d’une facgon ou d’une autre influer sur le destin du Canada”, OO he I ue BOND a la en