§ { ; SEDI RSERE Bien peu de gens la connais- sent 2 part ses proches. Propri- €taire et directrice d’une école d‘esthétique trés connue, cette mére de famille a su concilier 3 la fois ses devoirs conjugaux et professionnels. Elle a su mener ce que plusieurs femmes consi- dérent comme une double vie, Elle fut fort surprise d’étre in- terviewée sur elle-méme et non sur sa maison. Née a Budapest, en Hongrie, ayant vécu dix-huit ans en France, Edith Serei nous est arrivée avec la ferme intention de ne plus s‘ennuyer et d‘aider les gens. La beauté est une va- leur importante pour toutes les femmes. Avec du got, des idées, du travail et de la persé- vérance, Mme Serei a réussi a monter une entreprise prospére dont la renommée nest plus 4 faire. Au hasard de la conver- sation, jai pu lui poser des questions précises permettant de mieux connaitre I’épouse, fa mére et la femme de carriére..... - A quoi attribuez-vous votre réussite comme femme de car- riére? - A un travail acharné, en- thousiaste..... 11 faut ignorer la fatigue, éviter de s‘écouter soi- méme. C'est la seule recette va- lable de succés..... - Quel était votre idéal durant l’adolescence? - Aider les gens, les soigner moralement et physiquement. Je voulais me diriger vers la mé- decine. J’ai d’ailleurs fait la Croix Rouge durant la guerre... - Comment avez-vous acquis votre expérience comme fem- me d’aujourd’hui? - Par le travail d’abord. II faut _aussi lire beaucoup, écouter les ‘autres et savoir regarder autour de soi. Il faut voir partout et toujours continuer. Ii ne faut jamais arréter! - Comment conciliez-vous vo- tre réle d’épouse, de mére de famille et de professionnelle? - Cest trés facile; une simple question d’organisation. 1/ faut surtout aimer les trois. Quand on a la chance de faire des cho- ses qu’on aime, tout devient un jeu d’enfant. - Que pense votre mari de toutes vos occupations? - Au début, il était étonné. Maintenant, il trouve cela tout naturel. Quand on se comprend, il n’y a pas de problémes. {/ ne faut pas confondre les trois réles. Beaucoup de femmes ne Savent pas proportionner les choses. Cest dommage..... - Expliquez-moi votre carac- tére. - Je pourrais le résumer faci- lement: un esprit de sacrifice. Quand le devoir m‘appelle, je suis la, n‘importe ou, n’importe quand. Je le fais librement et c’est ce qui compte. J’aurais pu tout aussi bien devenir une soeur missionnaire. J’aime aider les gens; c’est dans ma nature. - Vos goats principaux? - Je suis 4 la fois trés disci- plinée et trés bohéme. Je relé- che quand j’en ressens le be- soin. Mes goats sont trés sim- ples. Quand j’ai besoin de Ii- berté, je prends la nature, la campagne, les féves au lard..... la vie naturelle, enfin! Je dan- se, je lis, quand j’en ai envie! J’ai besoin de tout le monde ou de personne selon les moments. - Que pensez-vous de I’amour? + C’est formidable! C’est la seule vérité qui existe au monde ae /’‘amour sous toutes ses for- mes! Amour veut dire donner et quand on donne on peut garder I’espoir de recevoir.. --. C'est vrai? - Qu’est-ce cqui vous a donné Vidée de I’esthétique? - J’‘aurais voulu poursuivre mes études en médecine, mais la guerre a tout chambardé. Aprés la guerre, ce fut le maria- ge, la famille et aussi un peu d’ennui. Je-me suis alors tour- né vers cette branche..... parce que c’était commun avec mon désir de vouloir aider et donner. Quand on a un idéal vrai, qu’on - Que pensez-vous des jeunes? les aimez-vous? - Mais je les adore! Je suis constamment entourée de jeunes; que ce soit a la maison ou au travail. Les jeunes sont trés intelligents..... - Votre opinion sur la drogue et /‘amour libre? - C’est une décadence horri- ble. ts sont pourtant intelli- gents et plus ouverts que leurs ainés. Mais ils penchent vers une mauvaise influence quit peut les mener a une décaden- ce compléte et le monde enti- er avec eux! Ceux qui ont un idéa!l n’ont pas besoin de dro - gue. Ils confondent souvent 2 c’est trés mauvais! 11 faudrait que fa jeunesse ait des chefs va- lables,.... c’est demain qui est en jeu! - Le moment le plus difficile de votre carriére? : - Les débuts sans conteste. La fondation de I’école..... Ila fallu quelqu’un pour me dire: “Ne regardez ni @ droite, ni a gauche. Entourez-vous d’amis en qui vous avez confiance et foncez! “ C'est ce que j‘ai fait et je ne le regrette pas! - Le moment le plus agréable? - De m‘occuper de représen- ter le Canada sur la scéne inter- nationale et de voir que le mé- tier est respecté. Si je vous disais que I’esthétique est plus développée au Québec que par- tout ailleurs en Amérique du Nord? Lors de Congrés a |’é- tranger, je me sens bien. Nous avons une réputation! - Si l’on vous parle de recette de succés; comment pouvez - vous la décrire? - Deux mots: idéal et travail. On a rien pour rien! - Votre philosophie de la vie? - Amour, idéal, travail. Cha- que chose a sa place et en son temps. II ne faut pas se laisser déborder, ne jamais s‘énerver. - Que devraient étre, selon vous, les préoccupations, les buts et objectifs de la femme, dans le monde actuel? - Chacun porte son bonheur en soi-méme, L’‘homme est /i- bre, malgré tout et on ne peut rien imposer. On ne doit pas attendre le bonheur et I’équili- bre des autres. // faut toujours s‘aider soi-méme! - Avez-vous peur de /a mort? - Non. Je I’ai fr6/ée plusieurs fois durant la guerre et dans un ° accident d’auto. Ca doit arri- ver. Seule la forme de la mort EAS REMIME peut éprouver! ..... - Que pensez-vous de Ia situa- tion actuelle dans le monde? - Cest un volcan ouvert ou tout brile! L’homme se cher- che, il ne croit plus. C'est trés Mauvais que I’on commence a discuter I’existence de Dieu! L’homme n’a plus d’idéal, il conteste. Ca va trés mal..... - Aimez-vous rencontrer les gens? J’aime toutes les sortes de gens. Qu’‘ils soient pauvres ou riches ou béaux ou pas. A un moment donné je me laisse ap- procher par ceux qui me plai- sent. Je choisis en quelque sor- _ te. - Quels sont vos principaux loisirs? - Les enfants, les miens et ceux de ma fille. La campagne, compétitions de judo et de yoga et plusieurs autres aussi. Pour moi, c'est la nage lente, un peu paresseuse. Par contre, je ne suis pas joueuse. Je n‘ai- me ni gagner, ni perdre, alors je ne vois aucun intérét a ces cho- SOS: - Que pensez-vous de la mora- le moderne? - Il n'y a pas de morale mo- derne! Tout a déja existé. C’est présenté autrement. La morale ancienne est toujours valable!_ Un équilibre moral et mental provient de chaque in- dividu en particulier. Vous voulez une morale? Prenez alors les 10 commandements. Tout est écrit la-dedans! Pas besoin de se faire des idées..... on I’a depuis longtemps, notre morale! - Quels sont vos réves, vos ambitions? - La paix! Sous toutes ses formes. Au foyer et partout dans le monde. I! faut de la beauté, d‘intelligence et de mo- J’aime beaucoup revenir au Canada, car c’est 1a que je me mon souhait le plus cher. - Et pour terminer a la mo- derne, Edith Serei, votre signe astral? - Je suis poissons..... comme un poisson dans I’eau. Edith Serei, hier, aujourd’huj et demain. Une promesse? Sdrement un espoir..... La fem- me compléte, moderne, idéale. Elie va de I’avant toujours par- ce que c’est la vie et qu’elle -'- me vivre. Cans son bureau. de la rue de la Montagne, stylé et pratique, elle nous a recus trés aimablement et s’est pliée 4 toutes nos exigences. Une grande dame toute sinr ple, rayonnante de vie et de joie Qui sourit tout le temps c’est merveilleux pour un inter view. Edith Serei sera mainte- nant plus qu’un nom accolé 4 des produits de beauté. Ce sera un exemple de courage et de persévérance,. une marque. de facon ace film “‘Z”* dont on a beaucoup parlé. I! sagit vec lui, car peux donner Nous venons a peine de ter- sens le plus 4 l’aise et j’y re- trouve ma famille et mes a- mis. D’autant plus que j’ai quand méme certaines atta- ches artistiques avec mes ca- marades des premiers jours. Jai fait quelques films au Québec, dont un avec Claude Gauthier et j’en ai fait deux pour mon mari, car Paul est aussi un réalisateur extraor- dinaire. J’aime beaucoup tourner a- mieux que quiconque et il sait exactement ce que je au cinéma. miner le montage d’un film fait l’'an dernier dans la ré- uis lors, gion de. Tadoussac, lequel se- 2 es _.positi- ra présenté sur les écrans de Se unE, 10 Cage. Ces eae Montréal, vers l’automne. Et trés important. J’aime ire aus- si; les lectures classiques ou @ Anne” musantes, Il’actualité historique €T avec et pblitique. Je fais ce que j‘ai- ; Troy- me quand jen ressens le besoin. ec une Toujours! - Et l’astrologie? - Je trouve ca amusant, mais je n’y crois pas! Bien des gens se tournent vers d’autres croy- ances quand ils abandonnent Dieu. L’homme a besoin de CTOIE que ce soit en ¢a ou en autre chose! - Etes-vous satisfaite de votre vie actuelle? - Je suis trés contente! Je méne la vie que jai choisie. J’ai Jutté pour vivre ainsi. Je ne voudrais pas €étre quelqu’un: d‘autre ou 6tre ailleurs. Je suis, comme vous dites ici, trés bien dans-ma peau! - Vous tenez-vous au courant de ce qui se passe dans le mon- de? - C’est trés important! Ca m‘intéresse beaucoup! J’écou- te les nouvelles et lis les jour- naux. Ca me passionne de sa- voir ce que les gens pensent, ce - Et les sports? - Ne riez pas! Je suis une sportive théorique! J’adore regarder les gens sportits! Mon mari a fondé I’école de ceintu- re noire de Judo au Canada..... ‘ J’aime beaucoup assister 4 des MATERNELLE FRANCAISE ‘*LE CHANTECLER” POUR PETITS FRANCOPHONES DE 5 ANS LA MATERNELLE COOPERATIVE FRANCAISE OUVRIRA EN SEPTEMBRE 1972 Pour plus de renseignements, veuillez appeler au 731-4743 On vous prie d’inscrire vos enfants dés maintenant extra- ne? rue Denman ( nous avons commencé un nouveau film précisément sur les événements survenus a Montréal, 4 Pautomne 1970.. ... au cours des difficultés po- litiques dans la province de Québec. ‘ Pour ce quiest de la-ques- tion politique, connaissant mon mari, je ne crois pas que ce film ressemblera d’aucune > VANCOUVER il_ me connait~ coin aveBeach} '~Téek: 683-4622 dune histoire d’amour qui s passe simplement a cette é- poque et dans le milieu. Di- sons que la question sépara- tiste et la crise felquiste ne servent que de décor plutot que de théme dans ce nou-— veau projet. Pour moi, je trouve plus difficile de jouer au théatre gu’au cinéma, car dans ce do- ~ maine, l’on peut cer dix ou quinze fois ou da- vantage une scéne jusqu’a ce que le réalisateur soit satis- fait. Tandis qu’au théatre, cest un défi a chaque repré- sentation, et il faut convain- cre le spectateur, 1a, devant nous, qui demande 4- étre convaincu. Mais je ne regret- te aucunement les études thé atrales que j’ai faites, car sans elles, je crois que je n’aurais jamais pu devenir I’artiste ci- nématographique que je suis. Et pour moi, c’est la plus beF le vie que je puisse imaginer; je fais ce quej’aime le plus au monde et je suis entourée de ma famille, car mon mari et mon fils sont toujours avec mot ~ LE SOLEIL, 7 JUILLET 1972, V