Le Moustique ! ... Pacifique Randonnée dans le parc Kokanee Glacier. Une bande d’adeptes en randonnée de montagne partirent de bon matin, chargés de sacs a dos, sacs de couchage et autres articles de plein air. La premiére étape de cette randonnée sera faite en automobile. Prés du lac entouré de montagne, la voiture sera stationnée et ceinturée de broche maillée afin de protéger les pneus des porcs-épics. A noter que ces rongeurs adorent le caoutchouc et le revétement des fils électriques sous les voitures. Une fois l'€quipement bien équilibré sur le dos des excursionnistes, on procédera en file indienne vers les sommets a une distance d’en- viron dix kilométres. Parmi les adeptes, il y avait un homme agé de 74 ans, qui avait déclaré 6tre a la hauteur de la tache. Personne n’avait mis en doute cette affirmation un peu aveugle de l’ainé. Quant aux autres participants, ils étaient visiblement en bonne forme. On se dirigeait par ce beau matin d’automne vers le sommet du Kokanee Glacier dans les Kootenays, situés entre la riviére Slocan et le lac Kootenay. La pente était parfois assez raide et le septuagénaire sentait le besoin de se reposer réguliérement de sorte que la randonnée aura duré cing heures et demie plut6t que le temps moyen de quatre heures. Aprés trois heures de marche, une toute petite dame, s’apercevant que le vieil homme trainait de plus en plus les pieds, avait offert de porter son sac de couchage. L’homme protesta, mais en vain. Un peu plus tard, un copain, chargé comme une mule avait offert a son tour d’alléger son bagage. On dévalait désormais, sur une pente rocheuse le long du lac Kokannée, la ot Michel Trudeau avait péri sous une avalanche de neige le 13 novembre, 1998. C’est une fois dépassé ce bout de sentier difficile, que l'ainé a été frappé de crampes sévéres aux fémurs. Impossible d’aller Volume6 - 122 édition Nouvelle inédite a’ Auréliens Dupuis. Nelson. ISSN 1704 - 9970 Décembre 2003 plus loin. On se demandait a ce point, s’il ne fallait pas demander du secours. Mais, voila que le copain avait dans son sac, une bouteille de pilules Advil. Il en remit deux a I’ handicapé, lesquelles il fit disparaitre avec une grande quantité d’eau. En espace de quelques minutes, les crampes disparurent et on a pu continuer de gravir la montagne. C’est avec joie que deux heures et demie plus tard on atteignit le Chalet ou attendaient les autres compagnons de route. Quel soulagement que de se retrouver ensemble sous le toit hospitalier de ce merveilleux gite des randonneurs, le Kokanee Glacier Cabin. Pour ceux qui ne le sauraient pas, ce chalet a éte construit a la mémoire de tous ceux qui ont péri dans ce parc provincial renommeé pour les sports d’hiver. Aprés un repos d'une heure et un bon repas chaud, le vieil homme se sentait renou- velé. La conversation était animée autour de la table et tous échangérent leurs expériences et leurs pensées concernant cette randonnée difficile dans ce majestueux coin du pays. Les excursionnistes venaient de différents pays et de différentes régions du Canada. Le lendemain, quelques membres du groupe se rendirent jusqu’au pied du glacier. Mais, le septuagénaire, accompagné d’une jeune dame faisant partie du groupe, entreprirent le chemin du retour. En prenant de l’avance, il y aurait moins de pression sur le vieil adepte. A l'aide d’un baton de marche, que lui avait remis sa gentille compagne de parcours, la descente semblait plus douce et certainement moins exténuante, C’est en chantant et en turlutant qu’on atteignit le lac Gibson, ou était stationnée la voiture. Tout est bien qui finit bien. Mais, vous vous demandez peut-étre qui était le vieil excursion- niste qui avait osé entreprendre un tel périple? Eh bien, ce n’était nul autre que celui qui a signé cet article. Aurélien Dupuis, Nelson, C.-B. 9