homo-sapiens, blancs, masculins, anglophones, qui prennent toutes les décisions qui changent la vie de la minorite. A PEINE UNE PERSONNE Vous allez peut-étre me demander comment les femmes qui représentent la moitié de la population, peuvent étre appelées groupe minoritaire ? Clest facile 3 expliquer. Jusqu'& trés récemment, sur le plan politi- que, la femme n'était méme pas une personne. Sur le plan juridique, financier, médical, la femme était considérée comme un enfant, parfois traitée avec un paternalisme bienveillant, parfois se voyant frustrée des droits élémentaires, mais jamais traitée comme un aduite égal en dignité et en droits. Sur le plan personnel, dans un couple, qui est-ce qui normalement décide quand on va se déplacer pour une raison de travail par exem- ple ? Du point de vue de la loi, si une femme n'accompagne pas son mari n'importe ott, elle est jugée coupable de L'avoir délaissé. Quant au manque de travail dans les occupations ot les femmes prédominent, par exemple les compagnies de téléphone, les banques, les hépitaux, qui est au contréle, qui surveille les femmes qui y travaillent, qui décide de tout ce qui s'y passe ? C'EST A VOUS AUTRES ..--; Je ne crois pas que ce soit % moi de vous dire ce que pourrait étre L'avenir des Franco-Colombiens dans cette province. Quels sont les besoins ? C'est & vous autres d'en décider, c'est 3% vous autres d'en avoir la conviction, c'est & vous autres d'entreprendre l'action né- cessaire. Moi, ce dont je parle, ce sont les attitudes, les attitudes et les structures dans notre société qui empéchent les minorités de vraiment avoir une participation efficace, les attitudes rigides qui envisagent l'éducation d'un seul point de vue ; transmettre la culture de la majorité, c'est-&a-dire homo-sapiens, blanc, masculin, anglophone % tous les enfants, que ce soient des filles, que ce soient des Fran- cophones, que ce soient des Indiens. Ces attitudes rigides et négatives sous-estiment le réle des autres groupes et rendent impossible la participation RX la société sur un — pied.d'égalité & tous les autres groupes. Ces attitudes rigides et ne- gatives, & mon avis, détruisent la confiance, le sens de dignité et de valeur des membres des autres groupes. Et c'est aussi vrai que la ma- jorité en souffre. La majorité a besoin des idées qu'apportent les mi- norités. Elle en bénéficie et s'enrichit. Mais ctest aux groupes minoritaires d'apporter leurs idées, de faire entendre leurs droits. Il faut que les groupes minoritaires soient con- vaincus de la valeur de la contribution qutils pourront apporter. Il faut qu'ils soient déterminés 4 participer aux décisions gui changeront notre société. On commence & voir cette détermination de la part des Indiens. Je suis sire qu'on commence & voir de la part des femmes cette méme détermination. Aujourd'hui, il me semble que je la vois de la part des Franco-Colombiens. J'en suis encouragée et je vous souhaite bonne chance. @