té mythique. L'auteur a entrepris cette aventure avec sa fille adulte. La veille du grand départ, les responsables du parc avertissent des dangers possibles et réels. Le sentier, cette année-ld, n'est ouvert que depuis quatre mois et déja "soixante-deux marcheurs ont di étre secourus et rapatriés médicalement sur Victoria"(9). On comprend mieux le titre : Bravade indique bien le défi que Jean Lebatty et sa fille ont voulu relever. Il faut étre en effet téméraire pour se lancer ainsi dans une épreuve sans préparation physique ni expérience. Bravoure: le courage ne manque pas aux deux néophytes, et dans les moments diffici- les, méme quand ils font face 4 un certain découragement, cha- cun préfére garder stoiquement pour soi ses appréhensions par crainte, de la part du pére au moins, de paraitre ne pas étre 4 la hauteur. Bavardage : \a, on change de registre. Il ne s‘agit plus de faire preuve de résistance physique ni d' énergie morale. Ce n'est pas non plus que la nature, qui force l'admiration par son aspect grandiose, impose un silence respectueux 4 des mar- cheurs recueillis. Au contraire, au cours de cette longue mar- che le pére, qui passe aux dires de sa fille pour un incorrigible grand parleur, en profite pour émettre des réflexions sur tout ce qui lui passe par la téte; sautant parfois du coq 4 |'Gne, il ré- véle au lecteur ses idées sur bien des aspects de la vie. Rien n'échappe 4 son esprit inquisiteur et savant : la philosophie, les langues indiennes de la région et celles d'Afrique, car il a vécu en Afrique de nombreuses années et en connait bien les diver- ses civilisations, la dif férence entre otaries, phoques et lions de mer, les totems, |'ethnologie, la mondialisation, les légendes indiennes, des remarques sur la géologie, |'écologie, le décons- tructionnisme de Derrida, le politiquement correct ou la notion de progrés dans l'histoire de I'humanité. Ces considérations 1]