que celui en immersion. On se doit de répéter que c’est grace a 1l’école francophone que la communauté peut espérer se renouveler et s’épanouir. Madame Adam souligne les nombreux appuis de la langue frangaise qu’a apporté le gouvernement canadien depuis |’adoption de la Loi sur les langues officielles il y a trente ans et l’enchdssement de la Charte, il y a déja vingt ans. Suffit-il de mentionner Radio-Canada, TV5, Téléfilm Canada, le Conseil des Arts du Canada pour se rendre compte du soutien culturel qu’ offrent ces organismes de 1’Etat ? Le second rapport diffusé en décembre 2002 est celui de Statistique Canada dans lequel on dessine le profil des langues au Canada. L’analyse des données indique que nous sommes une société dans laquelle neuf personnes sur dix parlent l’anglais ou le frangais le plus souvent a la maison. En Colombie-Britannique, un peu moins de 17 000 personnes déclarent utiliser le frangais 4 la maison, soit une augmentation de plus de 1 400 personnes depuis 1991. II y a aussi une hausse de francophones a l’extérieur du Québec. Excluant le Québec, on retrouve 980 270 francophones dans les autres provinces et territoires, dont 58 891 en Colombie-Britannique. Le taux d’accroissement des francophones ici est plus élevé que celui des anglophones, soit 3,8 % comparés a 1,4 %. Des statistiques encourageantes pour le développement de la communauté francophone, vous diriez ! Mais, détrompez-vous ! Car, de ces citoyens qui s’identifient en tant que francophones, seulement 16 905 disent utiliser le frangais le plus souvent a la maison, soit une piétre augmentation de 0,4 par rapport aux chiffres de 1996. Beaucoup de francophones tombent dans le piége du transfert linguistique, c’est-a-dire qu’ils utilisent de maniére prédominante a la maison une langue qui différe de leur langue maternelle. II est important de réfléchir a ce comportement car, comme le rapport le souligne trop bien, ’ la langue parlée le plus souvent a la maison est la plus susceptible d’étre transmise aux enfants comme langue maternelle.* Pourquoi vous faire part de ces deux rapports fédéraux ? Pour valoriser le travail que vous faites auprés des éléves dans les programmes de frangais de base, d’immersion et francophone. La hausse du taux de bilinguisme frangais-anglais au Canada (de 17 % en 1996 a 17,7 % en 2001) est attribuable en grande partie a l’excellence de l’enseignement dans ces programmes. Le rapport mentionne que la plupart des anglophones hors-Québec qui se déclarent bilingues ont appris le francais a l’école. C’est parmi le groupe d’age des 15 a 19 ans que le taux de bilinguisme atteint un sommet. Mais ce qui est inquiétant, c’est que ces mémes jeunes semblent avoir de la difficulté 4 maintenir leurs acquis linguistiques, une fois la scolarité obligatoire terminée. En 1996, le taux de bilinguisme parmi les adolescents de 15 a 19 ans était de 16,3 % ; en 2001, le chiffre des 20 a 24 ans a chuté a 13,5 %. Est-ce que ceci s’explique par un manque de postes bilingues, un manque de services et d’ activités en francais pour ce groupe d’age 1a ou ils habitent ou un manque d’ engagement individuel ? Avons-nous un réle a jouer pour convaincre nos finissantes et finissants de l’importance d’entretenir soigneusement la belle langue de Moliére ? Devons-nous nous attarder un peu plus longuement dans nos cours a la valorisation de la langue comme instrument de communication culturelle et sociale ? Plus de 82 % des citoyennes et citoyens canadiens croient qu’il est important que leurs enfants apprennent une deuxiéme langue. Pour 75 % des anglophones, c’est le frangais ; pour 90 % des francophones, c’est l’anglais. Ceci fait preuve de la reconnaissance a l’échelle nationale d’une de nos valeurs fondamentales, celle de la dualité linguistique. Comme le conclut avec justesse le rapport du Commissariat aux langues officielles, il est temps maintenant que les gouvernements démontrent un véritable esprit de leadership et de respect en matiére de droits linguistiques des individus. Le réve d’un bilinguisme national dessiné il y a plus de trente ans pourrait se concrétiser si le Canada se montrait prét a énoncer une vision qui place l’égalité réelle du frangais et de anglais au coeur du projet social canadien.