@ PAGE 6 elles allaient, toutes ces milliards de particules que nous perdions inconsciemment... II fallit apprendre a vivre dans le passé car c’était leur domaine .Ne pas en perdre une seule de vue, telle fit ma nouvelle occupation. Oh je vous vois rire et je vous entends méme penser: “n’avait-il rien d’autre a faire?” Et bien non je n’avais rien d’autre a faire et cette tache allait s’avérer beaucoup plus difficile qu’on ne le pense. II faut aussi pouvoir choisir celle qui vous plait, l’observer attentive- ment, et étudier son cheminement vers |’éternité d’un bon souvenir. (Les mauvais étant en général du domai- nede loubli...). Aprés de nombreux essais infruc- tueux, je finis par en suivre une. Elle était trés particu- liére, rose, perlée de soleil et nacrée de rubis... mais il fallit faire trés vite pour l’admirer. Elle riait, heureuse et présente dans sa splendeur momentanée. Quiallait- elle devenir, une fois cette joie passée, irait-elle se fon- dre dans le grand livre de comptes de I’univers ou pein- dre un coin de bonheur dans le ciel bleu de ma mémoi- re? Pendant ce temps, les autres en profitaient pour s‘évader en se bousculant réguliérement hors de I'horloge. Elles pensaient que je ne verrais rien, et bien elles se trompaient car je m’entrainais depuis plusieurs jours a les observer...Je revins a celle que j‘avais choisie, elle me rappelait la petite fille dont les histoires faisaient rire les abeilles. Je sentis |’odeur de la terre mouillée apres la pluie, et celle des matins de printemps. Mais ce qui est le plus extraordinaire, c’est qu'elle parlait, et une seconde qui parle ca ne se trouve pas chez n’‘importe quel horloger soit-il cosmique ou de luxe. - Sais tu pourquoi la lune est ronde me demanda-t-elle, Parce qu’elle aime bien les mamans. -Attends j’en ai une autre: Pourquoi la terre sent-elle bon au printemps? Heu, je ne sais pas .... -Et bien, c'est parce que les roses s’y reposent en hiver. -Et si le vent souffle, c’est parce qu’il aime jouer dans les cheveux des petites filles. Et oui! Javoue n’avoir jamais pensé a tout cela, « Penser", je n’ai que ca a faire, mais lorsque quel- qu’un me préte attention, je peux devenir éternité. Tu veux dire qu’une seconde peut étre une éternité? -Oh oui, I’éternité n’a rien a voir avec le temps, (enfin c'est une facon de parler), c'est plut6t un moment de bonheur, de qualité en quelque sorte. Imaginez mon émerveillement. Je décidais qu’ a partir de désormais jusqu’a dorénavant, je prendrais toujours le temps de m’arréter sur ses petites sceurs a venir. Soudain, déchi- rant le silence, une voix me cria: “Alors, tu viens oui ou non, nous allons étre en retard, tu perds du temps, on devrait étre déja partis.” Ce fit l’affolement général, toutes les secondes s‘éparpillérent sur le sol et la mien- ne roula sous le lit. Je la cherchai a genoux mais en vain... “Mais qu’est ce que tu as encore perdu” demanda L’ANSE-AU-SABLE mon é€pouse, “Heu rien dis je... juste une seconde .... et je viens” Je travaille depuis ce temps la dans un bureau « et ma tache principale, est de garder les yeux fixés sur la pendule, pour ne pas qu’on la vole.... » (Phrase empruntée a Coluche) Sur une note plus sérieuse, Robert Momer parle de sa rencontre avec Rael Hier, alors que je pianotais sur la commande a distance de la télévision, est apparue sur I’écran Vimage d’un homme dont j’avais fait la connaissance, il y a une ving- taine d’années. Ma femme et moi habitions alors a Bel- lefeuille, en banlieue de St. JérGme, au Québec. A cette époque, celui qui se fait appeler aujourd’hui Rael, de son vrai nom Claude Vorhillon, n‘avait pas encore acquis la « célébrité » dont il jouit de nos jours. « Je suis un ex. reporter sportif, me dit-il en me serrant la main. Je reviens d’un voyage intersidéral qui m’a mené sur la planéte Elohim (ou Eloim ?). » Bien que trés surpris par les propos du bonhomme, ne voulant pas mettre mal a ‘aise la personne qui l’accompagnait (un ancien collé- gue), je n’ai pas bronché mais me suis quand méme risqué a lui poser quelques questions. « Alors, comme Ga, vous revenez de l’espace? Travaillez-vous pour la NASA? », lui ai-je demandé, sans rire. « Ah non, pas du tout ! Si vous avez quelques minutes, je peux tout vous expliquer. » Nous avions le temps. Ma femme a servi le café... et nous avons eu le privilege, si lon peut dire, d’écouter notre homme qui, avec l’aplomb qu’on lui connait, nous a raconté I’incroyable histoire qui suit : - Tout a commencé alors que je circulais 4 bord de mon automobile, dans la région du Massif central. Soudaine- ment, j’ai entendu une voix qui m’a commandé de me rendre a un endroit précis. Bien que surpris, j’ai obéi et ai suivi les instructions de mon mystérieux interlocuteur. La région étant recouverte de brume, je ne pouvais pas bien distinguer ce qu’il y avait devant moi. Jai arrété mon véhicule et en suis sorti. J’ai fait quelques pas, sans trop savoir ou j’allais. Comme par miracle, la bru- me s’est dissipée et, a ma grande surprise, j’ai apercu une immense soucoupe volante dont |’escalier rétracta- ble était abaissé. Je ne pouvais en croire mes yeux. J’é- tais mort de peur. Devinant mon trouble, un étre vétu d’un scaphandre m/a prié de monter a bord et m’a assu- ré qu’aucun mal ne me serait fait. Rassuré, j‘ai grimpé lescalier qui aboutissait dans une salle faite d’un alliage bleu (sic) remplie de commandes et d’instruments étranges. Mon hdéte m’a prié de m’asseoir et m’a confié la raison de sa présence sur notre planéte « Nous vous avons choisi, commenga-t-il, a cause de votre intelligen- ce (re-sic). Nous avons besoin de vous pour batir une ambassade sur la Terre, afin de nous accueillir lors de notre retour ici, en 2035. » J’ai pu, enfin, aprés cette