Le Moustique Volume3 - 6° édition Juin 2000 | Merci, Peter de m’avoir fait découvrir Claude Perier-Langrand. Une grande dame au ceeur tendre qui écrit joliment bien. Elle publiait ses récits dans l’ECHO : ROMAND. Lausanne, Suisse, et a Terre-Neuve au Canada, sous le titre : SI _ L’ERABLE M'ETAIT CONTE. Elle nous a quitté l'année derniére. Voici une de ses _ histoires tendres.... Gentille alouette... . ECHO, /6 septembre 1995. Elle se proméne souvent dans le quartier. Tout le monde la connait et lui dit - bonjour. Elle a peut-étre 20 ans, bien difficile 4 dire. Sérieusement handicapée _ mentalement et physiquement, elle promene sur les gens ses yeux qui louchent _ atrocement. Un regard émeraude qui s’allie 4 merveille avec sa criniére feu. Les _ boucles aux tons des érables flamboyants a |’automne cascadent d’or et de cuivre. _ Dans sa figure ronde et lisse comme une pomme, les lévres laissent glisser une - constante salive qu’elle essuie sur le revers de sa manche. Je suis en train d’arroser les fleurs quand elle s’arréte et me demande d’une _ traite : «Tu donnes a boire aux fleurs ? Moi aussi j’ai soif. Mon nom est Marjolaine, | je suis chez une «dame d’accueil». Je vois seulement les murs des maisons dehors, _ jamais dedans. C’est beau dans ta maison ?» Je la prends par la main pour la faire entrer dans la maison mais elle s’arréte, _ met sa main doucement sur un géranium gras comme un moine et lui dit : «On _ revient.» Elle sirote sa limonade tout en regardant les masques africains sur le mur du _ salon et me demande si c’est mon papa et ma maman et si bientdt ils vont venir me _ chercher...Par bribes et laborieusement elle me parle d’elle, de quand elle était _ «moins grande», dans sa maison d’avant ou il y avait une grande chienne Bernard _ (probablement un saint-Bernard) qui, tout comme elle bavait. Un jour le pére a _ décidé : ««J’peux plus vivre avec deux baveuses, il faut la placer.» Marjolaine est _ partie dans une institution, la chienne, elle ne se souvient pas de ce qui lui est arrive. : Et elle termine : «J’avais le coeur gros comme coucourde de laisser ma grosse _ toutoune (faisant référence a la chienne). C’était ma copine, elle me léchait et pi elle _ me battait jamais, méme elle me souriait dans ses grandes dents... » Pour lui changer les idées qui font passer d’étranges nuages embues dans son _ regard de pierre précieuse, je lui propose de chanter Alouette. ..gentille alouette », _ mais les larmes qu’elle retenait se bousculent rondes et brillantes sur ses joues lisses. Entre deux hoquets et reniflements, elle arrive a articuler: «Pas celle-ci, ils disent qu’elle est gentille la «petite» oiseau et puis ils plument son bec, sa téte, ses ailes, ses pattes et tout le reste et la gentille alouette est toute nue et «mourue.» ... Suite en page 10 sssctpnowcens sessseenensees SosTvTTTTnTTTTTTTnTTTTTTTTETETTTEEESTTNIUTUUIUUUNUTUTTIIUTTOTISEDEEEEEDNEIETTONITNEVUTTTNTTTTTIrTnTTTTrtTnrrnrrr™ ooo cs i