La table était-elle ronde ? J'écris le plus souvent les articles pour le "Moustique" quand me vient une idée et non pressée par la date de parution. Le hasard voulut que celui destiné au journal de janvier ait comme sujet le plaisir de la lecture. Des paragraphes s'appliquaient directement au théme proposé pour la Table ronde du 3 décembre dernier. Ayant été interrompue au milieu de mon intervention, ce que j'avais a dire s'est trouvé tronqué, déformé, comme ces cita- tions isolées de leur contexte et dont le sens est déformé. Je ne prétendais pas posséder la vérité. Mais s'il y avait débat, pourquoi n'avoir pas débattu ? N'est-ce pas l'objet d'une Table ronde ? ra Je livre ce texte que j'avais baptisé "LIRE", légerement remanié aprés cette journée 4 Victoria : La bibliothéque personnelle, on la compose soi-méme, petit 4 pe- tit, avec amour. Méme si nous avons la chance de disposer de espace, nous savons bien qu'il nous est impossible de posséder tous les livres qui nous intéressent et qui sont le fondement de notre culture. Nos étagéres s'écrouleraient ! Imagine-t-on, de Sophocle aux contemporains, la liste interminable des philoso- phes, des romanciers, des historiens, des poétes ? Bien stir, il y a les bibliothéques of ficielles. Mais nous avons aussi a notre disposition un outil merveilleux : la mémoire. On ne dira jamais assez qu'il faut la meubler de bonne heure, cette mémoire. On ne retiendra pas tout. Seulement des bribes, devenues de plus en plus minces au cours des années. Mais il res- tera le gotit de ce que nous avions lu, le souvenir de la joie que la lecture ou |'étude d'une piéce de Racine ou d'un poéme de Gé- rard de Nerval nous avait procurée. Car, en effet, celui qui ne lit pas, ou qui lit peu, se prive d'un im- mense plaisir. Ce plaisir, il faut le provoquer le plus tét possible. 13