4— Le Soleil de Colombie, vendredi 5 juillet 1985 Etranger Femmes en Guadeloupe Par Francois Huot “Autrefois, explique 1’avo- cate Clodine Massengo- Lacavé, la femme guadelou- péenne se concevait comme chef de famille; l‘homme, lui, trouvait tout a fait normal de “voyager” d'une femme a une autre, d’avoir deux enfants avec l'une, trois avec une autre et de ne jamais assumer les responsabilités de pére de famille.” Quelles sont les causes d'une telle “polygamie” de fait? Complexes et nombreuses, la sociologie ne les a pas encore toutes repérées: l’esprit poly- game des ancétres africains, Vesclavage qui détruisait les familles (les hommes et les femmes étaient vendus sépa- rément!), }’éducation trans- mise par les méres, la solidarité familiale qui apporte aide et soutien aux méres quand les maris ou concubins se défilent. Cinquiéme femme seule- ment a étre admise au Barreau guadeloupéen, Clodine Massengo-Lacavé a un bureau dans le centre de Pointe-a- Pitre et pratique le droit depuis 1978. A l'exception de V'impossibilité de trouver un bureau d’avocats pour effec- tuer le stage qui suit habi- tuellement l’université, le fait d’étre une femme ne lui a pas nui. “Il y a bien; confie-t- elle, des luttes entre avocats membres du Bareau, mais celle-ci concernent aussi bien les hommes que les femmes.” Bien que formée a l’école du droit francais - la Guadeloupe est une ancienne colonie fran- Gaise et, depuis 1946, un département -, elle doit conju- celui-ci avec la mentalité ees LOSS A : » quelque peu semblable a celle d’autrefois, est aujourd’hui en pleine mu- tation. Comme en Occident, l'un des phénoménes majeurs, a la Guadeloupe, c’est la libération des femmes. “Désormais, ex- plique l’avocate de Pointe- a-Pitre, les femmes sont de plus en plus informées sur leurs droits.” Les médias, mais aussi des groupes comme le Club Solitude et le Centre gua- deloupéen d'information et d'éducation de la femme (CGIEF), concourent a ce travail d'information. Mem- bre de ces deux organisations, Clodine Massengo-Lacavé y donne des consultations juri- diques gratuites. Plusieurs amants Plusieurs péres Le droit francais fournit dailleurs des armes inusitées aux femmes tel l’article 342 du Code civil: “Tout enfant na- turel, dont la filiation pater- nelle n’est pas légalement établie, peut réclamer des subsides 4 celui qui a eu des relations sexuelles avec sa mére pendant la période légale de conception.” Ce droit de pour- suite, utilisé en fait par la mére au nom de son enfant, permet éventuellement 4 une femme d’obtenir une pension alimen- taire d’un, deux ou trois hommes... Trés peu utilisé, ce recours devrait l’étre davantage au cours des prochaines années, car les allocations pour or- phelins étant plus difficiles 4 obtenir, les femmes recourront davantage 4 l'article 342. Toutefois, ce recours sera souvent inefficace car, en Guadeloupe, seulement le tiers des hommes s’acquittent cor- rectement de leurs obligations. “Méme si les tribunaux sont en général favorables aux fem- mes, explique Me Massengo- Lacavé, celles-ci sont toujours Avec la départementali- sation votée en 1946, la Guadeloupe est, juridi- quement, devenue partie intégrante du_ territoire francais, au méme titre que la région parisienne. Des Francais, les Guadelou- péens partagent, dit-on, un trait: l'amour de leur lopin de terre. Et, en bons “Normands”, ils vont régu- ligrement poursuivre leur voisin devant les tribunaux pour une question de clé- ture. L'amour de la terre est souvent incompatible avec celui du voisin. Au-dela de cet aspect folklorique de la vie des tribunaux se pose un pro- bléme épineux, celui de la perdantes, car, bien qu’elles obtiennent toujours la garde des enfants, les pensions ne correspondent pas aux dé- penses et les hommes “ou- blient” réguliérement de pa- yer.” Pour se soustraire a l’obliga- tion de payer, certains vont jusqu’a troquer leur occupa- tion officielle pour un emploi clandestin et réclamer ainsi du tribunal la diminution du montant a payer. Par contre, on ne connaft pas en Guade- loupe le phénoméne des hom- mes “partis sans laisser d’adres- se”, en raison de la petitesse du territoire et de l’importance des liens familiaux. D’ailleurs, méme si de nombreux hommes ne paient pas les pensions, les liens avec les enfants sont rarement coupés, les méres ne voulant pas que l'enfant puisse un jour dire “Ma mére a poursuivi mon pére”’. Pourtant la loi est théori- quement sévére contre les péres irresponsables.. Ceux-ci sont d’abord condamnés 4 payer une amende, puis, en cas de récidive, 4 une autre amende assortie d'une peine de prison avec sursis. A la troisiéme offense, ce sont trois mois fermes de prison qui attendent les contrevenants. Mais entre la théorie et la réalité, il y a une marge que le droit et les sanctions pénales sont incapables de combler en raison des traditions et des particularités locales... Le divorce s sympathique En Guadeloupe, le tait pour une femme d’étre €économi-' quement dépendante de son _ mari ne constitue générale- ment pas un obstacle au divorce, car sa famille - un bon cété de la vie traditionnelle - lui viendra en aide si besoin Le créole interdit langue. Bon nombre de Guadeloupéens ne parlent que le créole ou maitrisent mal le frangais. “Je traduis, explique Clodine Massengo Lacavé, mais les juges, dont plusieurs croient que les personnes font semblant de ne pas savoir le francais, interdisent souvent cette pratique. Ce sont donc quelquefois les policiers du tribunal qui font office de traducteur. C’est préjudi- ciable aux justiciables, qui peuvent difficilement se défendre. Quelquefois cela entraine l’abandon d’une poursuite quand une per- sonne constate quelle pourra difficilement faire valoir ses droits’. Cette situation est dénon- - cée par les indépendan- tistes guadeloupéens, qui considérent que la Guade- loupe n’est toujours qu'une colonie de la France, en dépit du statut de dépar- tement reconnu en 1946. D'ordinaire, cette lutte em- prunte la voie de l’action politique et syndicale. Mais, a l'occasion, des actions terroristes sont me- nées contre des objectifs représentatifs de “la -pré- sence coloniale francaise en Guadeloupe”. Le probléme juridique majeur de ce coin de la France est bien celui du “droit des peuples a disposer d’eux-mémes”. est. Curieusement, ce phé- noméne se conjuge avec la croissante indépendance fi- nanciére des femmes pour expliquer le nombre grandis- sant de divorces: la tradition et le modernisme ont, sur ce point, un effet cumulatif. D’autres causes intervien- nent également; l’influence de l’Occident, la baisse de la natalité et la plus grande circulation de |l’information. Dans ce coin de la planéte ot le concubinage est une tradition, le mariage s’effrite aussi de l'intérieur. Mais Clodine Massengo-Lacavé n’y voit pas une catastrophe, surtout quand les époux réglent le divorce par consentement mu- tuel. “Dans ces cas, explique-t- elle, le divorce permet a4 l’homme d’agir en étre humain et non uniquement en fonction de son orgueil. D’un autre cété, le divorce permet un brassage de population, un agrandissement des relations solidaires lenfant a un nouveau parent et, souvent, de nouveaux fréres et soeurs. La nouvelle approche du divorce a aussi fait disparaitre - bon nombre de crimes passion- nels.” Ce sont les femmes qui étaient habituellement vic- times de ce genre decrimes. Ce | sont aussi elles qui étaient battues. Est-ce encore le cas en Guadeloupe? On ne le sait pas officiellement, car le sujet est tabou: une émission de télévi- sion sur la question devait étre produite mais elle n’a jamais été réalisée. Le Club Solitude voulait organiser une rencon- tre sur ce théme, mais les h s'y ont opposés. Pour- tant, a l'occasion des consulta- tions privées données par Clodine Massengo-Lacavé et ses consoeurs dans le cadre des activités réguliéres du Club, celles-ci ont pu constater que le probléme était important. “Tl est des hommes, explique l’avocate de Pointe-a-Pitre, qui trouvent tout a fait naturel de battre leur femme s’ils considérent qu’elle ne s'est pas bien tenue.” Mais c’est 1a, ajoute-t-elle, la s¢quelle d’un probléme psychologique ap- pelé a disparaitre: “L’homme guadeloupéen était placé dans un état d’irresponsabilité qu’il tentait de pallier par des coups. Il devenait male en battant. Mais, avec les change- ments de mentalité, cela de- vrait disparaitre.” Mais si la Guadeloupe s’o- - riente sur les autres régions de l’Occident, ce probléme ne devrait aucunement desparai- tre: Il n’y a pas que sous le soleil que les femmes sont battues... [Magazine Justice] Au besoin, communiquer avec le Bureau du Commissaire aux langues officielles en teléphonant a frais virés au (403) 420-3111. I] peut nous aider a obtenir des services en francais. Vos associations franco-colombiennes Moi, je me fais servir en francais Lettres recommandées, colis postaux, timbres, peu importe le service, Cest ma langue que j'utilise au Bureau de poste. —Les aventures de Simplet Simplet féte le 14 juillet Par Michel Monnet Il était une fois, il y a 71,589 jours, 4 un jour prés, un peuple qui n’était pas a prendre avec des pincettes. Le roi n’arrétait de prendre tout l’argent, les nobles accouraient prendre pension gratis a Versailles et le clergé de prendre sa dime. Lors par une belle journée de juillet comme c’était féte nationale le populo sans craindre de prendre froid s’en fut prendre I’air. Personne n’ayant voulu prendre avis pour savoir quel métro prendre, les sans-culotte durent prendre les Invalides.Comme c’était plein de fusils, choses toujours bonnes a prendre, quelqu’un dit “A tout prendre, pourquoi ne pas prendre le taureau par les cornes, et prendre la bastille”. Des ]’arrivée il fallut prendre langue avec Mr De Launay, lui précisant, sans prendre de gants, de ne pas prendre la mouche et “C’est 4 prendre ou 4 laisser”. Evitant d’en prendre pour son grade il ne put éviter de prendre un coup de mort. Lors parmi les royaux soldats, l'un de prendre le large, l’autre prendre la fuite, mais ne pas prendre racine, plutét prendre ses jambes 4 son cou. Plus personne pour prendre la garde, bref le bon peuple ne trouvant plus a qui s’en prendre décida de prendre un coup, de rouge naturellement, chez le bougnat du coin. “Comment le roi va-t-il le prendre, dit un révolution- naire?” Un bon republicain répondit “Il va prendre le mors aux dents, et nous qu’est-ce qu’on va prendre. Il va falloir prendre les armes.” Un aristo passant ci-voyant le bon peuple en prendre a son aise s’étonna hautement, mais il eut vite fait de prendre la porte sans méme prendre congé. Venant d’apprendre la nouvelle le seiziéme Louis cherchait quelqu’un pour en prendre la responsabilité et prendre la suite de feu De Launay. Mais nul au royal conseil ne voulant prendre parti, il fallut en prendre parti, il fallut en prendre son parti et ne pas reprendre la Bastille. Lors certains parlaient dans les nobles familles, de prendre une revanche, prendre contact avec les étrangéres puissances pour prendre le pouvoir 4 nouveau. Mais l'histoire commencait 4 prendre une dréle de tournure, comme nous avons pu l'apprendre a l’école. Alors 4 vous de prendre la vie du bon cété, que la Baraka soit sur nous. © Lesecteur des transports au Canada produit annuellement 1,1 million de tonnes de NOx. Les automobiles produisent, a elles seules, 356 700 tonnes (1980). En adoptant les nor- mes américaines pour les au- tomobiles, on pourrait élimi- — Rubrique Info auto pollution. Environ 15 p. fonctionnel. ner jusqu’a 50 p. 100 de cette 100 des voitures neuves vendues au Canada sont équipées d’un convertisseur catalytique tri- Le Scrabble Nous parlons, cette semaine, de la lettre Y. Comme pour les autres lettres chéres, nous retrouvons quelques mots clé. D’abord, le mot ultime, employé plus souvent qu’é son tour: Ay, sorte de vin. Vérifiez toujours cette possibilité, elle est utilisée fré- quemment, - Puis, nous avons également: Yen, unité monétaire du Japon; Yin, énergie positive en médecine chinoise; Yod, nom donné en linguistique 4 une semi-voyelle; Yak, ruminant a long pelage; Bey, titre de souverain turc; Dey, officier dans les régences barbaresques. Ces mots de trois lettres devraient vous permettre des sorties sécuritaires en tout temps. Encore une fois cependant, et a l’instar des autres lettres chéres, cette liste n'est que trop sommaire. Ajoutons quelques verbes dignes de mention: Bayer, ancienne forme du verbe bailler; Layer, et ses raccords possibles, balayer, délayer, relayer; Rayer, avec lequel nous pouvons composer drayer, frayer, défrayer, enrayer, effrayer et brayer, qui lui, n’est pas un verbe. Comment jouer la partie suivante: utiliser un cache afin de ne voir que le premier tirage. En baissant le cache d’un cran, on peut découvrir la solution et le tirage suivant. Les rangées horizontales sont désignées par les lettres de A 40 et les colonnes de 1 a 15. Lorsque la référence d’un mot commence par une lettre, ce mot est horizontal; par un nombre, il est vertical. La 1 blanche est représenté par ?, un rejet par*. = EEIALRR OSTDEIR reliera h4 66 AENDPST _ droites lle 90 EIOLMST pédants d8 85 EIOLFX? mélilots 6f 65 AEOLPSN _ exfoliés 8h 110 EEIRCMZ _siaperons 4d 70 OEUFSLN écrémiez n8 94 EEARTSW _ sulfones ol '92 BUIEAD? sweater th 104 IAERTGU abdiquez 15g = 110 CATONJH ~ guitare 2b 72 MUAIEUV __ jonchait 18h 94 HVAYKQB~—_ guimauve b2 65 HVKQB—NG. ay 5d 46 HVNGQ—UN kob gl10 25 VGNQUN eh Tb oses cea ky vus 14b 12 .