Ver du Pacifique | C'est loin, le Québec, trop loin pour qu’on le sente vraiment. A Victoria, a Vancouver, c'est une espeéce de tolerance vaguement sympathique, comme celle qu’on entretient a l’endroit de tan- nants qui suscitent plus de curiosité que d’hostilité. Sur une ligne ouverte de radio, en treis. heures d’affilée, les seuls appels déchainés sont venus d’ex-Québécois ou de nos mino- ritaires colombiens. On comprend I’insécurité panique ov les plonge la perspective d’un Québec souverain puisqu’a l’inverse c‘est celle aussi qui dévore la minorité anglophone, ici méme.-Sauf qu’ici c'est une inquiétude de possédants qui n‘ont rien appris, et la-bas les ultimes sursauts d’un groupe démuni dont la survivance n’est plus que réflexe. Ils sont environ 75,000. Aux deux tiers assimilés. Ca-et la, j‘ai rencontre quelques résistants, tous d’un Gge certain. Le seul qui évoquat autre chose qu'un déclin était. ..un Roumain franco- phone dans la trentaine. Le Québec a I’affiche | Radio-Canada leur a consenti une station de radio: un son- dage a révélé une cote d’écoute fort encourageante—a cause de la musique... Ils ont un petit hebdo, ‘‘le Soleil’, qui tire a 2,500 —5,000 exemplaires et ressemble a un bulletin paroissial un peu vieillot. C’est tout farci de ces échos purement commerciaux de solidarité ethnique intéressée ov I’on fait appel aux clients parce que M. J. Caron, “représentant consultant’, est prét a vous accueillir chez Fugazy Travel... Et puis il y a une Fédération, qui est essentiellement un regroupement d’organismes paroissiaux: la langue gardienne de la foi. On y prépare des journées d'études sur l’opportunité de créer de toutes pieces un milieu socio-écone- mique francophone, car les vieux combats culturels (école, radio, TV) ne parviennent méme plus a ralentir la disparition. Autre- ment dit, il faudrait maintenant un vrai ghetto, sans quoi tout est consommeé a plus ou moins breve écheance. : .. Sur une péninsule boisée et fleurie G profusion, le campus de UBC, aristocrate des universités de l'Ouest. Une semaine de _“séminaires’’ pour ouvrir l'année académique. Le Québec y est a Vaffiche pendant deux jours. On m’oppose d’abord a un jeune historien qui commence par avover que le Québec n’est pas du le prouve « -... Le lendemain ce sera un face-a-face entre le député ‘‘péquiste’’ Claude Charron et le révo- lutionnaire Charles Gagnon. Ow sont les fédéralistes? On me dit qu’au bout de quatre lettres de plus en plus pressantes, M. Robert Bourassa a fini par dire qu'une présence libérale serait ‘politique- ment inopportune”... te de son mieux Alliés et Family Compact Ils sont un bon millier dans le grand auditorium. Attentifs et gentils mais dans I’ensemble completement a coté de la question. Les seuls qui réagissent me parlent de l’emprise américaine. Depuis John A. Macdonald, le nationalisme Canadian ne s’est jamais défini qu’en fonction des USA. Il est normal qu'il cherche présentement a se ranimer de ce coté-la. Mais tout le débat s’en trouve faussé. On balaie le probleme Québec-Canada du revers de la main, on ne discute l'indépendance québécoise que pour s‘informer de son éventuelle attitude vis-a-vis des Américains. C’est comme si on cherchait déja un allié pour l'avenir... Puis les ““maoistes”, pour qui Charles Gagnon n’est qu’un pusillanime, s‘emparent du crachoir comme d’habitude. Partout dans |’Quest on les rencontre a chaque réunion, petite grappe farouche et butée, pas plus futée qu'il ne faut, répetant inlassa- blement les mémes extravagances bien conditionnees: “Vous n‘é- tes qu’un agent des capitalistes impérialistes ... On a bien arrété 400 héros de la révolution, a Montréal, ces derniers mois... Le Québec n‘est qu’un Etat fasciste-policier...’’ Chacun ses margi- naux. Les ‘‘choses sérieuses’’ de Vancouver et de la Colombie sont loin de cette broue, bien 4G I‘abri de l'autre coté de la baie sur des hauteurs résidentielles baptisées nostalgiquement “British Proper- ties’. On y grimpe par des avenues en tire-bouchon, grimpant aussi @ tous les cent pieds dans I’échelle socio-financiere. Au sommet, ce ne sont plus que chateaux mauresques et manoirs futuristes, avec une école bien isolée ov les chers petits de l’Esta- blishment ne risquent aucune pollution, et un Country Club immense et carré comme une usine. L’‘un des membres en vue est la grosse cloche locale du gouvernement Trudeau, le ministre des Pécheries Jack Davis. C'est ici qu’on a célébré sa victoire au der- nier scrutin, bien ay chaud dans le Family Compact. .. Et je rentre G Montréal juste a temps pour lire, dans le journal de mercredi, une “défense et illustration’ du méme fédéralisme & l’estomac par cet autre éminent pilier, I'Hon. Gérard Pelletier, qui m’y assomme avec de bien fréles arguments. ’ LECONS D*EQUITATION.. FOXCROFT STABLES LOCATION DE CHEVAUX AU MOIS’, PRIX SPECIAUX D’HIVER Tel: 261—4010 tout son rayon—il est spécialisé en relations canado-américaines— _ 3, Le Soleil de Vancouver. 2 octobre 1970 LE DROI La survivance du fait francais a l'extérieur du Québec par Donat VALOIS rudeau: Ce nest pas le temps de lacher TROIS—RIVIERES (PC) — Le premier ministre, M. Pierre Elliott Trudeau, a reproché vendredi soir, au chef du Parti québecois, M, Rene Lévesque, sans le nommer toutefois, de manquer de courage lorsqu’il refuse de mener le combat pour la survivance du fait francais 4 l%extérieur des frontitres du Québec. . M, Trudeau a formulé ce reproche lors du congrés annuel de 1*Association des hebdomadaires de langue francaise du Canada & Trois—Rivitres, & l¥occasion d’une période de questions—réponses % laquelle il participait avec les quelques centaines de congressistes venant de six provinces du Canada, C*est un délégué de la Colombie—Britannique, M, Jean Brat du ‘Soleil de Vancouver, qui lui a tendu la perche et permis de porter son attaque contre M, Lévesque. a M. Brat a signalé a l’atten— tion de M, Trudeau la teneur de l’un des récents commentaires politiques que M, Lévesque signe quotidiennement dans un journal de la métropole, Dans ce commentaire, a dit le journaliste francophone de Vancouver , M, Lévesque consi— dere ceux qui luttent pour la sur— vivance du frangais dans les pro— vinces de 1*OQuest et la Colombie— Britannique comme ** des Rou— mains francophones*”? qui man— quent de sérieux. “S%)] y ena qui sont découra— gés, a dit M. Trudeau, en fai— sant allusion & M, Lévesque, qui ne veulent pas mener la lutte Al’extérieur du Québec, ils ont ze droit de ne pas avoir de cou— rage mais ils devraient garder cela pour eux’’, M. Trudeau venait de signaler a l’attention des Canadiens fran— gais que? ce n*’est pas le temps de Yacher”, ‘Ca va bien’, a— t—il dit, rappelant qu’on ‘*‘se plaint dans les trois grands jour— naux de Toronto que le gou— vernement fédéral est conduit par la Mafia québecoise’’. “tCa gueule et ce n’est pas le temps de Iacher’’, a dit M, Tru— deau, rappelant aussi les récentes déclarations du premier ministre de la Colombie—Britannique, M. | PeMAISONS ¥PROPRIETES DE RAPPORT ¥APPARTEMENTS % CONSTRUCTIONS NOUVELLES ¥ CONDOMINIUMS % HYPOTHEQUES ~ DEAN LAPOINTE bureau: Téléphone N° (mi) NORTHWEST REALTY: &EDs Services immobiliers complets résidence: 263-8251 GFIPIISISSISLEPEIPISSSPSSSSR Sipe ie W. A. C. Bennett, selon lesquelles le~ gouvernement fédéral serait dominé par des intéréts québe— cois. En réponse a une question d’u journaliste de l’hebdomadaire “Ta Liberté et le Patriote’’, du Manitoba, M, Trudeau a expliqué que la part du lion des $50 millions que le fédéral a de— cidé récemment de mettre a la disposition des gouvernements provinciaux pour l’enseignement des langues officielles, revient aux Québecois et aux Canadiens francais du reste du pays. Il aprécisé que le gouvernement québecois touchera prés de la moitié de cettesomme pour ]’en— seignement de l*’anglais dans ses écoles et que les minorités fran— cophones pourront recevoir dans les autres provinces un ensei— gnement dans leur langue mater— nelle,” On peut penser que c’est la mi— norité anglophone qui profitera de ces millions, a dit en sub— stance le chef du Gouvernement, mais en définitive ce sont les Québecois qui auront moins de taxes & payer. M, Trudeau a affirmé que si le gouvernement québecois re— cevait plus d’argent que les autres gouvernements provinciaux, c’est parce qu’il a plus d*ecoles pour sa minorité anglophone. D’autre part, le premier mi— nistre a fait remarquer que l’es— * 688-8531 295, 41@me avenue ,ouest Tél. 266-9166. | SEMAINE; 1h,A.M., VENDREDI et SAMEDI 3h.A. sentiel dans toute cette affaire c’est que les provinces en soient venues A une entente avec le fédéral pour que l’enseignement puisse @tre donné aux minorités dans leur langue maternelle. “Cette entente revele d’une facon éclatante la volonté des an— glophones de voir s’épanouir le francais’, a noté M, Trudeau, Le chef du Gouvernement 2 aussi répondu & plusieurs ques— tions sur le chdOmage et sur l"inflation, et a réitéré a ce sujet les positions du gouver— nement fédéral, Il a notamment reproché au monde ouvrier de ne pas avoir embotté le pas au Gouvernement et aux industries dans la lutte contre l*inflation déclenchée il y a plus d*’un an et menée sur— tout par la Commission fédérale sur les prix et les revenus. *¢On n’a pas eu la collaboration de tous les secteurs’”, a dit M. Trudeau, soulignant que ce man— que de collaboration avait Tre— tenu le chOmage & un taux plus élevé que prévu. ‘¢T] va falloir que le Gouver— nement s*occupe de protéger les petits de la société contre les grands, a poursuivi le premier ministre, et les grands ce ne sont pas seulement les gros in— dustriels, mais aussi les gros syndicats ouvriers”, ; Tél, 254-7 1 01 \2647, rue Hastings E a