‘Par Keith SPICER. _ Vancouver. Fortune, le ma- gazine-barométre du capita- lisme américain, publie cette semaine un article du plus haut intérét pour les Cana- diens: “Il est grand temps d’arréter la guerre sainte de I’énergie nucléaire”. Une conférence de trois jours tenue la semaine der- niére & Vancouver montre que dans le débat nucléaire canadien, les deux cdtés commencent trés timide- ment a partager ce point de vue. Ma profonde incompéten- ce en la matiére m’ayant valu la présidence d’une table-ronde d’invités 4 cette conférence, je suis mal placé pour en juger objectivement les mérites. Il est par contre de bonne guerre de rappeler les enjeux, les points de vue et les défis d’un probléme ot technologie et théologie semblent souvent se parta- ger la vedette. Les enjeux? Des milliards de dollars, le développement scientifique du Canada, no- tre avenir énergétique et a travers tout cela le bonheur de nos enfants. En 1945, le Canada était le seul pays, avec les Etats- Unis et la Grande-Bretagne, a posséder la formule nuclé- aire fondamentale; depuis nous avons investi quelque 10 a 12 milliards de dollars dans le perfectionnement d’une méthode originale et compétitive au plan interna- tional pour transformer l’atome en électricité. Par rapport a ses cousines amé- ricaine, britannique ou fran- caise, la technologie nucléai- re canadienne - carburant a luranium naturel et refroi- dissement 4 l'eau lourde - a créé une industrie énorme et influente. Implantée dans les mines (surtout en Ontario et en Saskatchewan), ~possédant des centrales (la plupart en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick), la fa- mille nucléaire représente un gros morceau économi- que. Les nouvelles centrales cofitent un milliard de dol- lars ou plus chacune. Leur exportation en Corée, en Argentine ou en Roumanie rapporte gros. Elles créent pour l’uranium canadien des débouchés a long terme ex- trémement __ profitables. Quelles que soient les déci- sions que nous prenions en matiére nucléaire, cet énor- me impact économique res- tera un facteur politique d'importance pour plusieurs décennies. Les dollars, ce n’est pas ” tout. Notre important et élo- * quent establishment scienti- fique est, c’est bien naturel, fier de ses réussites et pousse a la recherche nuclé- aire. Des milliers d’hommes de sciences (peut-étre 6,000 en tout) travaillent au gou- vernement, dans les univer- sités et les compagnies pri- vées: ces savants et ingé- nieurs constituent eux aussi une réalité politique profon- de. Parlons maintenant éner- gie. L’énergie nucléaire s'est ménagée une niche conforta- ble aux cétés de ses deux ainées, I’énergie hydro-élec- trique et l’énergie thermi- que. En Ontario, l’atome donne déja plus du quart de toute l’électricité produite dans la province. Dans une génération ou deux, les grandes sources traditionnelles d’énergie (pé- trole, gaz naturel) vont peut- €tre se tarir. Les nouvelles technologies utilisant l’éner- gie solaire, éolienne, marée- motrice ou la biomasse ne sont encore que des promes- ses insuffisamment testées et-ou pratiquement sans moyens financiers de recher- ches. II existe donc un besoin croissant que l’énergie nu- cléaire peut satisfaire. Con- séquence: la pression se fait encore plus forte sur les hommes politiques. Pourtant,en matiére de | colts et de sécurité, il reste des points d'interrogation de taille. Pour les profanes que nous sommes, la meilleure approche est peut-étre de considérer le bonheur de nos enfants: nous ne voulons ni les voir griller dans un acci- dent nucléaire ni les voir geler faute d’électricité dis- ponible et a prix abordable. C’est justement ce dilem- me qui a mis “pro-nucléai- res” et “anti-nucléaires” a couteaux tirés. Les forces “pro” comptent nombre d’hommes de scien- ce, d’industriels et d’hom- mes politiques. Chez elles, on tend a prédire que nos enfants vont un de ces jours “geler’, ou qu’ils vont du moins connaitre une crise énergétique désastreuse. Les “anti”, eux, sont sur- tout des écologistes mais. ils ont rallié quelques hommes de sciences éminents. Ils affirment que les fuites nu- cléaires, les vols de combus- tible (par des terroristes) et Yenterrement — problémati- que des déchets (qui restent radioactifs pendant des mil- liers d’années) constituent des dangers trop effroya- bles pour que l’on puisse laisser les gouvernements, quels qu'il soient, jouer les apprentis-sorciers avec l’ato- me. Les “anti” ajoutent qu'il serait moins cher, plus effi- cace et infiniment plus sfr de rediriger les milliards du nucléaire vers des technolo- gies de rechange, |’énergie solaire par exemple. Cette polarisation vieille de dix ans recéle un dan- ger: les deux partis ont du mal a accepter la sincérité de ' adversaire - ou méme ses faits. Passion, prestige et personnalités ont joué un tel role de division que la dis- cussion rationelle est sou- vent devenue impossible.i On a longtemps assisté a un dialogue de sourds entre les deux groupes. Ils se caricaturaient: d’un cété les alchimistes déments et les grippe-sous au coeur de pier- re; de l’autre les gauchis- tes hébétés et les petits binoclards nourris de yoga et de macrobiotique. L’article de Fortune et la conférence de Vancouver semblent indiquer qu’en Amérique du Nord les deux camps commencent tout jus- te a entrevoir un défi com- mun: conjuguer leurs diffé- rentes sagesses pour décou- vrir ce qui sera véritable- ment al’avantage de leurs enfants. Dans les débats de Van- couver comme dans le ma- gazine U.S., on pouvait sen- tir comme une amorce d’es- time entre les ennemis jurés dhier. : Comment pouvons-nous trouver une vérité nucléaire avec laquelle nos enfants pourront littéralement — vi- vre? Deux changements s’im- posent: -une information plus ou- A Vancouver verte: les gouvernements et lindustrie doivent appren- dre a mieux partager leurs informations privilégiées avec les sceptiques honné- tes de l’extérieur du systé- me. La méfiance de naguére s’est en grande partie ali- mentée sur un soupcon: les magiciens du nucléaire et les hommes d’affaires avaient beaucoup de choses a cacher. -une nouvelle volonté de dialogue: des deux cétés on doit. collaborer a la recher- che d’une vérité commune et donc apprendre a non seule- ment se parler, mais a s’écouter. On doit cesser de considérer les interlocuteurs comme autant de Dr Fola- -mour ou de Dr Spock. On doit prendre le risque hono- rable de reconnaitre que l'on s’est trompé sur tel ou tel point. Ces deux changements peuvent-ils arréter la “guer- re sainte’”? Peut-étre pas immédiatement. Mais ils en- courageraient certainement le nombre croissant de “pro” et d“anti” qui préféreraient batir le bien-étre de leurs enfants sur des conseils oe- cuméniques plut6t que sur — des excommunications réci- proques. _ Roseline Blanchard — en spectacle — Le vendredi 23 mars, a 19h30, aura lieu le specta- cle de Roseline Blanchard, interpréte acadienne en tournée dans I’ouest. Ce spectacle est présenté par le Département de Fran- cais de l'Université de la Colombie britannique et il aura lieu 4 la Maison Inter- nationale, sur le Campus de U.B.C. Cette Soirée Acadienne commencera a 19h30 avec un vin et fromage et se pour- suivra par le spectacle de -Roseline Blanchard 4 20h30, dans une atmosphére de boite & chanson. Aprés le tour de chant, on continuera jusqu’a minuit et demi avec vin et fromage et de la danse avec de la musique québécoise et aca- dienne. Les billets sont a $2.00 et $1.00 pour les étudiants et membres de la Maison Inter- nationale. Vous pouvez vous les procurer d’avance — 4 la Maison internationale — au Département de Fran- cais de U.B.C. — au Conseil Culturel Franco-Colombien — au Soleil de Colombie — et a la librairie Le Bouquineur. Aucun billet ne sera vendu a l’entrée. — Les querelles ne dure- raient pas longtemps, si les torts n’étaient que d’un cété. {La Rochefoucauld]. — Le juste doit imiter le bois de santal qui parfume la hache dont on le frappe. [Proverbe indien]. — Les fleurs vont jusqu’a parfumer la main qui les écrase. [Vladimir Ghika] Vous étes tous cordiale- ment invités 4 cette Soirée Acadienne avec Roseline Blanchard, le vendredi 23 uqu/ y 90 Mey LIBRAIRIE - GALERIE FRANCAISE Livres Disques Magazines Cartesdevoeux Lundi au samedi: 10h00 a 18h00 Jeudi et vendredi: 21h00 Dimanche: 12h00 4 18h00 Le dimanche, venez déguster un bon café, une gracieuseté du Bouquineur! 1222 ROBSON STREET VANCOUVER, b.c. 687-5936 du Soleil. LES “DESSOUS” DU SOLEIL par Jean-Claude ARLUISON | La publicité est une source de revenus essentielle pour tout journal. Par conséquent, nous devrions toujours étre trés heureux d’en recevoir. Pourtant, lorsque nous recevons des annonces de notre gouvernement provincial, des grognements plus ou moins inintelligibles se font entendre dans le bureau Car ces annonces nous parviennent en anglais: nous devons les traduire, puis en faire la composition et la mise en page, tandis que pour les publications anglaises la tache consiste a coller l’annonce sur une page. Souhaitons donc que notre gouvernement provincial envoie bient6t ses annonces en frangais, créant ainsi un poste de traducteur a Victoria. Résidents de longue date ou personnes de passage rendent visite au Soleil de Colombie. Des profes- seurs viennent avec leurs classes: c’est ainsi que Mme Alannah Matthew a amené un groupe de retraités de Brock House (centre récréatif de l’ge d'or, a Point Grey) a qui elle enseigne le francais; deux classes de l’école Little Flower sont attendues cette semaine. Nous attendons votre visite, mais, de grace, ni le lundi, ni le mardi, qui sont nos deux grosses journées. Nos lecteurs nous écrivent A Monsieur Nicky Kent- Barbour, Je suis trés surprise de votre lettre 4 Jean Gagnon paru le 20 octobre — je n’y ai pas répondu de suite vu mon éloignement et mon “Soleil” quis’est égaré et que je n’ai recu qu’en fé- vrier. Justement je lis beaucoup sur les sujets que vous décrivez, et c'est bien sou- vent le contraire. Je ne vous en citerai que deux sur le tout, un au sujet du bilin- guisme a Victoria (26 jan- vier 1979), une anecdote de ce malade qui téléphone en francais et de cette infirmie- e qui s’écrie “Speak English! — et l’autre d’une franco- phone qui demande un cata- logue sur Leduc! eh bien Monsieur est-ce vrai? J’ai parlé aussi avec des filles d’Acadie et de Saskat- chewan, méme gente, d choses, comme ¢a Ne dites pas que ¢ "est parce que je suis en Norman- die, car je lis beaucoup, et aussi entiérement “Le Soleil de Colombie”. Bien a vous, Janine Dubos, St-Aubin les Elbeuf, FRANCE TEXAS. Mme Dixie Whitaker, de Carthage, au Texas, eut peine a en croire ses yeux lorsque, regardant par la fenétre, elle apercut dans la piscine devinez quoi? Le meilleur taureau de son troupeau en train de se noyer sous les yeux apeurés du harem de génisses. Heureusement on a pu le sauver. En prenant le taureau par les cornes, évidemment... U.S.A. Etes-vous parfois tenté de ronger vos ongles d’orteils? Si oui, rassurez-vous. Un psychologue américain, le Dr. Frederick Smith qui vient de faire une étude sur les gens qui se rongent les ongles des doigts, a découvert que 15% des personnes interro- gées se rongeaient également les ongles des pieds sans jamais l’avoir avoué de peur du ridicule... -751 rue Denman Vancouver, C.B. Tél: 687-1418 Ouvert 7 j jours ar semaine de 12h00 a 14h30 — et de 18h00 a 23h00 Dimanche de 17h00 a 22h00— License NESS Slakioas Sot Monch alas sce Rit mero Seek RN Raleigg ences & ye