8, Le Soleil de Vancouver, 23 novembre 1973 dans \ At afr Rad eek , \Ww iyi LA NATURE DANS NOS DEMEURES (suite) AVANT L’HIVER - De la dépouille de nos bois L’Automne avait jonché la terre: Le bocage était sans mys- tére, Le rossignol était sans voix. (Millevoye - Elegie: La chute des feuilles) - Le froid chaque jour se fait sentir un peu plus; la neige, pour la plus grande joie des amateurs de sports d’hiver, descend de ses hauteurs pour arriver un beau matin 4 no- tre pas de porte, sans crier garel. Pour bien rappeler que l’hi- ver est Ja, le ciel reste char- gé, d’un jour Al’autre, de lourds nuages qui hélas, trop souvent, s’oublient au- dessus de nos tétes. L’amour du jardinage est relégué en cette saison, au dernier plan de nos activi- tés; la nature: on laregarde d’un autre oeil: soit que l’on se tienne au chaud dans nos intérieurs confortables,soit que 1’on ait, pour une raison ou pour une autre, Ase trou- ver dehors. Jetons un coup d’oeil a tout ce qui se passe l’hiver dehors, indépendamment des conditions atmosphériques; sans doute pouvons nous a- doucir le sort de beaucoup; quelle est notre responsabi- lité dans cet environnement artificiel que nous avons créé autour de nous. * Nos gazons, majeure par- tie de notre décor, vont, comme chaque hiver, étre mis A rude épreuve: satu- ration d’eau. Il faut, avant le froid, les couper court et apporter les élements qui peuvent se trouver en désé- quilibre dans le sol: acide phosphorique, potasse et chaux. Dans les sols trop hu- mides, l’acidité est généra- lement trés élevée, ce qui permet le développement de mousses, de mauvaises her- bes, alors que le gazon de-. vient de plus en plus pauvre. L’acide phosphorique, la po- tasse du sol n’existent pas en grande quantité dans le sol et s’épuisent plus ou moins rapidement tandis qu’ ils se renouvellent trés len- tement. Toute plante a be- soin d’un régime équilibré des trois éléments: azote, acide phosphorique et po- tasse. si l’un des éléments manque, sa carence Va, soit arréter la croissance de la plante, soit la rendre vul- nérable aux maladies et in- sectes (comme pour un hu- main, une plante anémiée ne peut se défendre), soit méme provoquer la perte soudaine (asphyxie, chlorose, déré- glement végétatif). ** Les feuilles mortes ont recouvert les plate-bandes et chacun met un acharne- ment guerrier 4 s’en défai- re. Et pourtant, s’il est u- ne bonne chose de dégager les plantes rampantes et fra- giles de cette couverture a- bondante (les plantes de ro- vaille en général), il est re- grettable de voir gaspiller une source gratuite de ma- tiére organique dont le sol a vraiment besoin. C’est cet- te matiére organique qui est la nourriture des bactéries du sol et qui permet 4 une terre lourde de s’alléger, 4 une terre sablonneuse de pouvoir retenir l’eau et les éléments fertilisants. C’est cette matiére organique que nous payons fort cher quand nous achetons du fumier. De briler ces feuilles, comme beaucoup le font, est anéan- tir en fumée une ressource naturelle de la nature. Si vous ne voulez point vous compliquer l’existence avec un compost, il vous suffit d’accumuler ces feuilles au pied de vos arbustes, haies, rosiers, sur les plate-ban- des vides, pendant l’hiver, dans la partie potagére de votre jardin. La neige et le froid, ainsi que les vers de terre, vont procéder 4 la transformation de_ cette nlasse organique; pour évi- ter que les feuilles s’en- volent avec le vent, Ou se desséchent sous un soleil é- ventuel, recouvrez-les d’un peu de terre; au printemps, il vous suffira d’apporter de l’azote sous forme chimique, pour permettre aux bac- téries de transformer plus rapidement ce qui ne serait pas encore décomposé en un terreau riche et prometteur. (N’oubliez pas l’azote en hi- ver, premiérement l’excés d’eau l’emporterait, deuxié- mement les bactéries du sol ne travaillent pas quand la température est au-des- sous de 15 degrés C. (60F.). *** Tes oiseaux qui ont été attirés par les possibilités de nourriture de nos jardins tout au cours de l’année, vont soudain se trouver dé- pourvus de tout, dans un en- vironnement artificiel quine leur offre rien pour les mois de froidure, de neige et de glace. Dans la vraie nature, ils pourraient trouver abri et nourriture dans les bois, ou alors effectuerait cette longue migration vers des cieux plus cléments. Nous avons donc la responsabilité des oiseaux que nous avons attirés plus ou moins volon- tairement. N’oublions pas qu’ils sont le traitement le plus efficace pour tous nos problémes d’insectes nuisi- _ bles. Il suffit donc de com- penser les produits naturels difficiles A trouver par des graines et de la matiére grasse disposées 4 leur in- tention A l’abri du froid et de la pluie, si possible, et . surtout hors de portée des chats et des chiens. 2s 5 b se oN Sct bg. i em ect ****Nous verrons prochai- nement les soins 4 donner 4 certaines de nos plantes, plus fragiles, contre le froid, la neige et le vent. Mais avant tout, ouvrons les yeux et les oreilles de notre coeur A cette nature quinous environne et qui peut avoir besoin de nous autant que nous avons besoin d’elle. par Lucien BELLIN Vu A travers l’objectif de l’appareil photographique, un sujet acquiert un degré de netteté trés prononcé, allant d’une image nette dans _ le plan de visée 4 une netteté atténuée dans les _ parties plus éloignées 4 l’avant ou vers l’arriére, chose qui n’existe pas d’une maniére autant prononcée 4 J’oeil nu. Ce domaine de netteté sera d’autant plus court si la fo- cale est longue et que la grande ouverture du diaph- ragme est employée et que la distance vers le sujet est réduite. En variant la netteté 4 1’ intérieur de la zone princi- pale de l’image, le photo- graphe communique une im- pression d’espace, de pro- fondeur. On retrouve un ef- fet semblable dans la con-" centration des couleurs ou l’éclairage, le maximum de couleur ou d’éclairage se trouvant en premier plan et laissant le reste dans des tons plus attenués et vice- versa. C’est le degré de luminosité qui donne l’im- , pression d’étre proche ou éloigné; nous avons donc |’ impression d’avoir affaire ici A des facteurs opposés. Ce sont ces effets de lu- miére contradictoire qui rendent A certains cieux nu- ageux au coucher du soleil leur splendide couleur. ef coin de Foffice de la langue francaise vousm'en airez tant par Louis-Paul Béguin De Pharos au gyrophare laisse perplexe. Il faut se De Pharos au gyrophare. - Monsieur Alban Beaudry de Rawdon m’écrit une lettre trés intéressante. I] me po- se plusieurs questions aux- quelles je voudrais répon- dre dans cette chronique, pensant que ces questions sont d’intérét général. On voit sur le toit des ambu- lances et des voitures de police de notre pays des “‘lumiéres tournantes’’dont on ne sait pas le nom. M. Beaudry. me dit qu’on lui a déclaré qu’en France les voitures de police sont tou- tes banalisées et que les policiers voyageant toujours incognito, on ne connaissait pas cette réalité. Bah! Voi- 14 bien les idées que l’on se fait de la France. Pays démocratique, la France a des votures de po- lice bien évidentes comme chez nous. Ce n’est pas fa- cile de nommer la ‘‘lanter- ne’’ qui se trouve sur le toit d’une voiture de police. Est-ce un fanal, un phare, une lumiére. Signal lumi- neux avertisseur qu’on re- trouve sur les ambulances et les voitures de pompiers, — cet appareil moderne utili- sé dans bien des pays a un nom qui, par contre, n’est pas encore dans les diction- naires francais. C’est le GYROPHARE. Du grec ‘‘gi- ros’’ qui veut dire cercle. (le verbe gyrare en latin signifie tourner) et de pha- re, du grec pharos. (Pha- ros était une ile grecque ot fut édifié un phare célébre) le mot gyrophare est bien choisi. M. Beaudry s’inquiéte de la tendance des éléves de sa classe 4 abréger les jours de la semaine, dans leurs devoirs. Il a parfai- tement raison. Lundi, mar- di, etc. ne devraient pas s’abréger en haut d’une let- tre ou,d’un devoir. Ce se- rait, 4 mon sens, le signe d’une paresse qui friserait l’inconvenance. Pas question d’imiter le style de cer- taines industries qui don- nent, surtout en France,dans la siglomanie, si bien qu’on ne comprend rien. J’en fai- sais la remarque 4 un émi- nent juriste francais qui se trouva étre en parfait accord avec moi. On ne s’y retrouve plus. Lisez un journal francais qussi ex- cellent que le Monde et vous verrez. Les sigles donnent parfois aux phrases un pe- tit air mystérieux qui vous 1038 ROBSON St. cadeaux ETC... VINCENT IMPORTS ustensiles de cuisines @ MOULES A GATEAU, FOND DEMONTABLE @ MACHINES A TRANCHER KYM @ CASSEROLES “LE CREUSET” @ COUTEAUX SABATIER @ COUSCOUSSIERS. ETG. «. PRIX SANS CONCURRENCE racler la mémoire pour comprendre: S.F.I-O..++.++., C.A-P.Aceseeey GeAsNe.eeEN- fin c’est fou. Alors n’ajoutons pas enco- re les abréviations de mau- vais goft. On doit, dans une lettre, écrire enentier Mon- sieur, Madame, etc....et la date. Toutefois, dans un au- tre contexte, rien n’empé- che de ne donner que les trois lettres des sept jours de la semaine: lun,, mar., mer.. Sur un cadran de mon- tre, of il n’y a pas la place, on est bien obligé de s’en tenir A ces abréviations.El- les ne portent pas 4 confu- sion, ce n’est donc pas dan- gereux. Mais restons-en 1a. M. Alban Beaudry me pose ensuite une colle quideman- derait une longue réponse. Lusage fait-il la langue. Au- trement dit, le frangais évo- lue-t-il librement etselon les ‘*tendances’”’ de la popu- lation. On ne pourrait donc, dans ce cas, faire du diri- gisme linguistique. Il faut, je crois, en revenir aux ni- veaux de langue. Il y a une évolution naturelle 4 cer- tains niveaux, familier et populaire, et 14 l’usage est roi. Mais dans les termi- nologies techniques, le tech- nicien a son mot 4 dire, et il y a moyen de rectifier des erreurs, de remplacer les termes adoptés 4 la hate.Un exemple: On a dit longtemps quadraphonie. Ce mot était mal construit et les linguis- tes francais ont demandé qu’on le remplagat par TE- TRAPHONIE. C’est ce quiest en train de se faire. Souve- nez-vous de: Commission des Alcools. Cette horrible expression devint par la sui- te: REGIE des Alcools. On peut donc officiellement a- gir sur la langue. Mais 4 certains niveaux techniques soutenus. Quant 4 la langue populaire, il est presque im- possible de la manipuler A lV’extérieur. Je pense au mot faubourg. Il s’écrivit long- temps forsbourg, mais 1’u- sage populaire en fit fau- bourg ‘‘r’’ ayant tendance, a 1’époque, 4 ne pas se pronon- cer (mécredi, disait Madam de Sévigné). , Je tiens 4 remercier M. Beaudry de nous avoir donne un sujet d’article. Tant qu’il y aura des professeurs de francais aussi consciencieux que lui, la langue frangaise se trouvera en sécurité chez nous. Tél: 685-0043