Bottes deneige Les manufacturiers de bot- tes de neige, cette saison en- core, ont fait fi des demandes répetées des consommateurs. Non seulement les bottes de cuir ne sont pas a lepreuve de l'eau. mais 11 est souvent difficile de trouver botte a son pied. : Malheur a celles dventre nous qui avons le mollet un peu fort car presque toutes les bottes sont prévues pour une jambe fine. Que vous soyez préte a débourser $20, $30. ou $50, le probleme reste le meme. Avant de trouver une botte qui me ¢convenait a peu pres (ce nvest ni le style m la couleur que je désirais), jal visité au moins une dizaine de boutiques et trois grands ma- gasins: de la rue Sainte-Ca- therine, de lest a l‘ouest. Ce n'est qu’au dernier, chez Eaton, pour ne pas le nom- mer, que jai finalement trou- vé une paire de bottes de sty- le cosaque, en cuir, sarre- tant sous le genou, et dont la | fermeture: éclair ferme entie- rement sans trop comprimer la jambe (ce qui souvent provoque des bourrelets disgracieux). Je peux vous assurer que je ne suis pas lexception a la regle: un midi, dans un maga- sin a rayons avoisinant. nous étions quatre femmes assises en ligne a essayer des bottes. Toutes. nous avions le méme probleme. Nous avons essayé au moins une quinzaine de pai- res. Rien ny faisait. Le vendeur aurait éte bien soulagé si je meétais contentee d'une _ bot- te de fabrication anglaise. en daim noir, sarrétant au mi- lieu de la jambe. une botte. pour tout vous dire, assez lourde et d'allure démodee. Quand done les manufactu- riers québécois comprendront- ils que toutes les femmes n ont pas la jambe parfaite mais quelles nen désirent pas moins étre élégantes? Certains fabricants ont fait un effort en insérant dans la partie supérieure de la botte uni‘ genre de soufflet. mais qui malheureusement, n'est pas suffisamment extensible. Que les manufacturiers se donnent donc la peine de faire une tournee des grands maga- sins et des boutiques spécia- lisées au moment ow les fem- mes achetent des bottes d hi- ver. Ils verront les difficul- tes que rencontrent les clien- tes. Qu'ils questionnent les ven- deurs. Ils se rendront vite compte que le consommateur ne se plaint pas a tort. Je sais de quoi je parle: cela ma pris une semaine de recherches intensives avant de denicher une Seas de bottes acceptables. t nous sommes au pays de la neige! Al’épreuve de l'eau La semaine derniere, au sous-sol d'un grand magasin. au rayon des hommes. on mettait en etalage quatre cents paires de botillons fourrés, en corfam. porant 1 étiquette “a lépreuve de l'eau’. Une demi-heure plus tard, il ne restait plus une seule paire, nous a dit un vendeur. Com- ae quoi la demande est gran- ee Malheureusement. des mil- lions de bottes de cuir conti- nuent a envahir le marché et. chose certaine, elles ne sont pas impermeable quo! qu’en dise le vendeur. Dans certains magasins toutefols, entre autres chez Eaton. on le sait si bien que l'on prend la précaution pour eviter les reclamations dinscrire au dos du recu de caisse les mots “pas al'épreuve del eau Ces bottes ne résistent ni a la neige mouillante, ni au cal- cium, ni a la boue. Mais il y a tout de méme quelques pre- cautions elémentaires a pren- dre pour les proteger. Des que vous achetez des bottes en cuir lisse ou fini suede, vaporisez-les avant meé- me de les porter avec un pro- duit “protecteur’ vendu spe- cialement a cet effet. Cet enduit n'est pas un substitut au cirage a botte. Le sel de calcium doit étre enlevé. des bottes avec un chitfon humide tous les jours afin d‘éviter des dommages rmanents au cuir. Pour es taches rebelles, il se vend un “‘detacheur de calcium”. Une protection additionnelle peut étre apportee en appli- quant sur les coutures et le contour des semelles de la cire “a leépreuve de leau’. Repeter regulierement. Les cuirs vernis ordinaires ou tripés et les mateériels syn- Hietaues ne requierent pas | u- sage du produit protec teur, ‘mai: il est indique d appliquer de la cire “a lepreuve de leau™ sur les coutures et les con- tours de semelles. -ytionae Vaincre ieee eae Aes Des journalistes anonymes viennent de faire paraitre un journal révolutionnaire québé- cois intitulé ‘‘Vaincre’’ et dont lobjectif est ‘‘la formation de travailleurs _révolutionnaires capables de diriger la lutte de libération et la création de cel- lules dans toutes les régions du Québec”’. Le journal, bien écrit et bien présenté sur quatre feuil- les glacées avec couleur, a été imprimé en Californie, sur des presses syndiquées de la Lithographers and Photengra- vers International Union, local 17L, de San Francisco. Un porte-parole de la LPIU, a Montréal, a deéclaré au Devoir que ce journal avait pu étre écrit au Québec mais avait certainement été impri- mé en Californie. L’exemplaire destiné au De- voir a été mis a la poste a Potosi, au Missouri. — ‘Le premier numéro de ce journal contient cing articles: “Créer dix, vingt, trente Ca- bano”’. ‘‘Les objectifs de Vain- cre’, ‘Les investissements américains au Québec’, “Le rdle de l’avant-garde révolu- tionnaire’, “La lutte clandes- tine’. Le ou les auteurs de ces articles font preuve, cette fois, d'une continuité de pen- sée, d’une connaissance de I’é& conomie québécoise, et d’une culture générale, qui man- quaient aux auteurs de la plu- part des écrits révolutionnai- res parus jusqu’a ce jour au Québec. En général, les auteurs de “Vaincre’ émettant l’opinion que les révolutionnaires doi- vent accepter des compromis avec d'autres groupes et aban- donner toute idée d'une lutte armée pour le moment. “Il ne s’agit pas de prendre les armes demain, y ecrit-on, mais il s’agit de savoir qu'il faudra les prendre un jour et de s’y préparer. Il ne s’agit pas de créer un puissant ma- quis dans les six prochains mois, il s’agit de savoir qu'il faudra oeuvrer dans la clan- destinité et de se comporter dés maintenant en consequen- ce.” ee D’aprés ces articles, si l'on suppose que leurs auteurs connaissent bien la situation des mouvements révolution- naires, ces mouvements au Québec ne sont pas du tout organisés et sont voués a des actions sporadiques, non con- certées, disparates. Mais ces .mémes auteurs parlent préci- sément d’organisation, de lo- ique, de multiplication des forces, et ce, conforméement a un programme a plus long terme. : “L’avant-garde, écrivent-ils, doit se donner une organisa- tion, un programme, une stra- tégie révolutionnaire bien a el- le, et sa stratégie doit, dans le contexte actuel québécois,. accorder une place aux cou- ches les plus progressistes du Parti québécois d'une part, et aux syndicats et: mouve- ments populaires d’autre part! Ils ajoutent: “Un certain idéalisme qui méne au secta- risme malhabile est a crain- dre. Ce mouvement révolu- tionnaire d’avant-garde, pour- suivent-ils, s’articulera_ dans la société québécoise ou bien il courra a!’ échec.”’ Selon ces journalistes de “Vaincre’’, les révolutionnai- res ne doivent recourir a la violence que si elle sert a faire la jonction entre les ré- volutionnaires et la masse des travailleurs. Les auteurs font un appel aux révolution-. naires québécois pour qu’ils cessent de se plaindre de la repression policiere et cessent d’envisager toute action légale. Pour eux, il n’est pas souhai- table de lutter a l’intérieur du systeme pour pousser ce der- nier a faire des réformes; ce qu’il faut, c’est la prise du pouvoir éventuelle par les: tra- vailleurs organisés et politi- sés. Entre autres actions imme- diates, outre la création des cellules, l’animation, J infil- tration, “Vaincre’’ préconise Yoccupation des heux com- me moyen efficace de ‘‘faire reculer le systeme et de con- solider en méme temps les positions de base du mouve- ment révolutionnaire.” Ainsi on donne I’exemple de Cabano ou les travailleurs forestiers ont boycotté, l’an dernier, lexploitation de la d’Auteuil Lumber.”’ Ainsi, disent les auteurs du journal clandestin, se réalise l’unité dialectique . ‘destruction - construction’. Détruire ce qui freine le progres, construire a partir de toutes les possibilités hu- maines et, materielles pour le bien-étre de tous. L’exem- ple de Cabano, poursuivent- ils, montre ce qui pourrait A.C.C.T. L’Agence de Cooperation Culturelle et Technique des Pays Francophones, (fondée et réunie une premiére fois a Niamey, au Niger, en 1970) vient de tenir sa deuxiéme conférence 4 Québec, en oc- tobre 1971. Il s’agit d’une associae tion unissant tous les ci- toyens du monde, dont le moyen de communication est la langue frangaise. Au cours de ses deux années d’existence, elle avait ser- vi de terrain d’affrontement aux représentants du Qué- bec et 4 ceux d’Ottawa. Cette fois, la conférence s’est te- nue pour une moitié; a Ot- tawa, pour l’autre, au Qué- bec. . ; Le Quebec, province tran- -cophone privilégiée, est ad-= mis_a la conférence, en tant que gouvernement partici- pant avec l’approbation du gouvernement fédéral. Pier= re-Eliott Trudeau souligne que la francophonie devenue réalité ‘‘consacre de par le monde la permanence duCa- nada frangais”. —, Cela dit, une fois dégagée de son aspect canadien, a quoi sert 1’Agence de Coopé= ration Culturelle et Techni- que des Pays Francophones? Est-ce une-sorte de petit UNESCO de langue fran¢gai- se, un UNESCO du pauvre, étant donné la modicité de ses budgets par rapport 4 ceux de l’organisation inter= nationale? Voici quel en est le tra- vail accomplt jusqu’a octo- bre 1971: les créations d’un centre de formation aux techniques de gestion pour les pays francophones ainsi qu’un stage de fin d’études de trois mois a travers le Canada; le développement de méthodes audiovisuelles grace a une télévision édu- cative ainsi que l’expérience des ‘‘mallettes pédagogie ques’’; l’attribution de bour- ses, Enfin sont en cours d’éla-= boration: un consortium de cinéma ainsi que des mai- sons de ctilture dans les pays francophones; une soe ciété multinationale d’édi- tion en Afrique. Ainsi Agence de Coopé= ration Culturelle et Tech- nique montre la possibilité de tisser entre pays de mé- me langue tout un réseau de relations multilatéralement privilégiées. : = arriver, a | échelle du Québec, si tous les travailleurs s'u- nissaient pour développer au maximum toutes nos immen- ses ressources naturelles en réinvestissant tout le sur- plus au Québec plutot que de le laisser s’envoler vers les banques américaines.” Quant aux investissements étrangers, les auteurs de “Vaincre’’ consacrent la moi- tié du journal a faire la dé monstration que ces investis- sements, en realité, appauvris- sent plus les Québécois qu'ils ne les enrichissent. Selon eux, beaucoup de -ces_ investisse- ments sont formés a méme des subventions octroyées par no- tre gouvernement avec notre argent, ou par des actions vendues aux Québécois et ils ne profitent qu’aux investis- seurs qui réinvestissent les profits ailleurs qu’'au Québec. “Ces investissements, disent- ils, désorganisent et bloquent tout le développement de I in- dustrie nationale en empéchant diversification de l'indus- riers Nulle part, dans ce premier numéro de “Vaincre’’, n‘est- il question du FLQ. Venez emprunter a la Caisse pour consoli der vos dettes ‘Devenes memprp — et ouvres un compte Pour toutes informations ¢communiquez avec LA CAISSE POPULAIRE. 8T-SACREMENT Téléphone $74-9622 | 700 - 16isme avenue ouest. Vancouver 9, C.-B. Lae i ~