| 24 Le Soleil de Colombie, vendredi 4 juin 1982 Lettres arts et spectacles , as Un instrument captivant Par Jean-Claude Arluison “Né sans doute au XVe siécle, cet instrument a pris peu a peu la place du luth au début du XVIle s., pour con- naitre son apogée au début du XVIles. Il s’enrichit d’un bien que le choix se porta sur le modéle Cantabile classi- que, au prix de $2900 (prix en décembre 1980). Des manettes permettent de produire sept sonorités Le Cantabile classique second clavier au milieu du XVIle siécle. Il fut remplacé le pianoforte a la fin du Ville siécle.” Vous avez deviné: c'est le clavecin. L’encyclopédie = ajoute: “cet instrument connait de nos jours un regain de faveur”. Ce n'est pas votre serviteur qui va contredire cette affirmation, puisqu’il est l'un des | deux de Vancouver qui possédent un clavecin. Le désir d’acheter cet instrument existait depuis des années, mais la tentation a été accrue par la décou- verte a Vancouver d’un fabri- cant de clavecins, la compa- gnie Sabathil & Son Ltd. Située au 1084 rue Homer, & Vancouver, la fabrique occupe deux étages. La visite de la salle ot sont pré- sentés les divers modéles fut une petite torture: le clave- cin frangais & deux claviers était bien tentant ($8500), le clavecin frangais 4 un cla- vier cofitait, lui, $5600. Mais il fallait 6tre raisonnable, si différentes. C’est un instru- ment captivant qui vous fait oublier les tensions de la vie trépidante moderne. Simon Sabathil construisit son premier clavecin dans le village bavarois d’Erlstatt, juste aprés la seconde guerre mondiale. Son fils,: Sigurd, laida dans ce travail minu- tieux. Ils s’installérent a Munich et se consacrérent a la fabrication de clavecins jusqu’en 1959, année ou la famille immigra au Canada et © s’établit 4 Vancouver. Sabathil a exporté ses cla- vecins vers de nombreux pays du monde, dont bien sfir les Etats-Unis, mais aussi le Japon, J Allemagne, la Suisse. Vous en trouverez dans les écoles de musique de bien des universités nord-améri- caines et vous en trouverez un & la Maison Blanche, a Washington. : “Ces instruments ont de la vie. Ils parlent. Ils chantent. Vous possédez une chose vivante.” confie Sigurd Sabathil. Le cinéma avec Terry Noble DEAD MEN DON’T WEAR PLAID. Un détective privé(le comi- que Steve Martin) fait une enquéte sur un meurtre. Par la magie du cinéma(les scé- nes classiques se glissent . dans cette histoire moderne), ilrecoit l’aide de Betty Davis, Fred MacMurray, Veronica Lake, Burt Lancaster, Cary Grant, Humphrey Bogart et beaucoup d'autres. Le film et techniquement intéressant, trés, trés amusant, prenant, et qui en vaut la peine. Aley-y. Au Odéon, Granville Mall, 682-7468. ROCKY III. Un superbe film. Notre héros revient pour un der- nier combat. Et, en fin de compte, la justice prévaut. Quelquefois violent, mais touchant et dramatique. Si, allez-y. Au Capitol 6, Granville Mall, 669-6000 APOCALYPSE NOW _ Une déclaration définitive sur le mauvais des hommes et du monde. Vraiment, la Guerre est |’Enfer. La derniére demi-heure de ce film est incroyable. Au Vancouver Centre, Geor- gia et Granville, 669-4442. Queen Elizabeth Theatre Nana Mouskouri Vancouver — et a |’autom- ne dans la Colombie Britanni- que — recoit une grande dame de la chanson interna- tionale: Nana.Mouskouri. Nana Mouskouri a une si grande réputation sur la scéne internationale de la chanson, qu'il en est presque insultant de la présenter. Eléve au Conservatoire d’Athénes, Nana poursuit des études musicales, mais un défaut congénital — une de ses cordes vocales ne vibre que dans les notes hautes — géne ses efforts pour progresser. Elle se tourne vers le jazz et les événements a partir de cette époque se précipitent pour Nana. On lui écrit des chan- sons. Elle gagne plusieurs concours et elle enregistre des disques. Et c’est le tourbillon du succes. Vedette internationale, elle chante en francais, anglais, italien, allemand et bien sir . Ses enregistrements font le tour du monde, y compris l’Extréme Orient et lEurope de l'Est. Elle ne compte plus ses disques d’or et de platine. Sollicitée sur toutes les coit réguliérement |’ovation de tous les publics inscrivant son nom en haut des palma- rés de ventes comme des cotes de popularité. “Elle chante comme Rudolf Noureev danse, parce qu'elle est née pour cela....” écrit Jacqueline Cartier de France Soir. “Son passage laisse un souvenir inoubliable dans le coeur du public américain” dit Harry Belafonte. Nana Mouskouri donne a Vancouver, au Queen Eliza- beth Theatre, huit récitals, mercredi 2, jeudi 3, vendredi 4, samedi 5, dimanche 6, lundi 7, mardi 8, mercredi 9 scénes du monde, Nana re- juin a 20h00. eee ence Mireille Mathieu Mireille Mathieu ades fans (Chevalier, “Je suis une fem- a Vancouver, la preuve en a été faite par le nombre des reprises et les centaines de spectateurs massées a la porte des artistes. Et cela, malgré les huit ans d’absence de cette chanteuse interna- tionale sur le sol vancouvé- Dix musiciens, trois voca- listes, six danseurs ont ac- compagné dans ce récital intitulé “Music Hall 80”. Des chansons en francais, en anglais, en allemand, en espagnol et méme en grec, quelques chansons d’Edith Piaf, un hommage a Maurice me amoureuse” de Barbara Streisand, ont fait vibrer les spocateure en majorité an- glophone. “Le Moulin Rouge” pour américains, ainsi pourrait s'intituler ces récitals: avec la chanson “Moliére” en costume d’époque, les paillet- tes de Mireille Mathieu. Mais avec une de ses derniéres chansons “Ne me quitte pas”, Mireille Mathieu, seule sur scéne avec son pianiste, a ramené a elle les plus récalcitrants des specta- teurs. Un auteur par semaine Antonine Maillet MAILLET, Antonine(1929- ). Romanciére et dramatur- ge, née a Bouctouche,(Nou- veau-Brunswick). Elle fait ses études 4 Memramcook, a Moncton et a l'Université de Montréal(1962). | Boursiére du Conseil des arts du Canada, elle séjourne a Paris de 1962 a 1964, puis obtient son doctorat és lettres a l'Université Laval en 1970. D’abord professeur de litté- rature dans différentes insti- tutions, puis scripteur et animatrice a Radio-Canada de Moncton, Antonine Mail- let enseigne actuellement la littérature a l'Université de Montréal et a l'Université Laval. En 1958, elle obtient le Prix Champlain(pour son a La St-Jean-Baptiste derriére les barreaux Passer une journée et plus particuliérement la St-Jean -Baptiste parmi les déte.1us de Mission, le samedi 19 juin de 16ha 21h. Vous 6tes fous invités. Mais inscrivez-vous (c'est obligatoire) avant le 10 juin. © Tél. 879-6924 (Annie) premier roman, Pointe aux- Coques et le Prix de la meilleure piéce canadienne présentée au Festival de théatre, avec “Poire-Acre” (inédit). En 1960, elle regoit. le Prix du Conseil des arts, pour “les Jeux d’enfants sont faits”(inédit) puis, en 1972, le Prix du Gouverneur général, - avec Don L’Orignal; son dernier roman, Mariaagélas, mérite le Grand Prix littérai- re de la Ville de Montréal (1974). Sa piéce de théatre, La Sagouine, d’abord jouée en octobre 1972 au Rideau — Vert, puis reprise 4 Québec, Montréal et Ottawa en 1973, remporte un immense succés devant le public et devant la critique, “Tragédie, beauté de la langue, remarque Mi- chel Bélair, justesse des observations et vérité pro- fonde, tout cela se méle dans La Sagouine pour ne former qu'une seule et méme chose, qu'une seule et méme image, celle d’une femme vraie qui porte en elle la sagesse et la résignation de l’humanité toute entiére.” OEUVRES | _ Pointe-aux-Coques[roman] On a mangé le dune[roman] Centre Culture! franco-colombien Deux expositions Deux expositions trés par- ticuliéres seront au Centre Culturel Colombien a partir du 10 juin. Rita Schumacher-Plawski et Kirk Tougas sont les deux artistes invités. Francaise d’adoption, Rita Schumacher réside en Co- lombie britannique depuis 1966. Dans son étude de lhis- toire de l’Art, ce sont préci- sément les époques et mou- vements primitifs ou naifs qui l’ont intensément mar- quée: des icdnes religieux de la peinture médiévale et du Quattrocento italien, aux oeuvres du Douanier Rousseau a l’aube du XXe siécle, et plus tard l’Ecole des naifs yougoslaves (Generalic, Kovacic (Ecole de Hlebine) et Llija). Son enthousiasme et son dévouement a la peinture lui ont permis de se former pratiquement seule. Elle a commencé a peindre il y a environ une quinzaine d’an- ~-nées, mais c’est surtout de- puis ces deux derniéres an- nées qu'elle a décidé d’ap- procher cette forme d’ex- pression d’une maniére plus assidue et plus profession- nelle. Kirk Tougas n'est pas un nouveau venu dans le domai- ne des images. Il travaille depuis 12 ans comme photo- graphe et cinéaste. Il fut le directeur fondateur de la cinémathéque Pacifique a Vancouver. Ses films lui ont valu une renommée certaine Ses films lui ont valu une renommée certaine au Cana- da, aux Etats-Unis et en Europe. Ila participé a la 11e biennale d’Art Moderne de la ville de Paris (1980) et au Festival d’Avignon (1981), grfice 4 ses deux derniers métrages. Il a été regu par l'Université de Paris, St- Charles, et 1’Ecole des Beaux-Arts de Tours, en qualité “d’Artiste invité”. Les Crasseux|théatre], La Sagouine[théatre] Rabelais et les traditions populaires en Acadie, Don lOriginal{roman] Par derri¢re chez mon pére L’Acadie pour quasiment rien[guide touristique] Gapi et Sullivan[théatre] Mariaagélas[roman] Evangéline Déusse[théatre] Cent ans dans les bois Pélagie La Charrette: Prix Goncourt 1979 Les Cordes-de-bois Emmanuel a Joseph a David Concerts “Festival Concert Society” présente les deux derniers concerts de sa série 1981-82 de café-concerts du dimanche. Dimanche 30 mai: des oeuvres de Haydn, Britten et. Kodaly avec Roger . “Piétons des halles” - Paris 1980. Depuis son départ de la cinémathéque en 1979, Kirk Tougas s’est dédié principa- lement au cinéma (documen- taire et dramatique). Parmi ses réalisations, on compte “Un temps pour s’élever” (Prix Silver Dove, Leipzig, festival du Film 1981), “Le droit de se battre”, un vidéo- documentaire sur la crise du logement a Vancouver, et “Face a4 face”, un documen- taire produit par la P.B.S., actuellement en tournage. “Impressions frangaises” et “fragments américains”, titre de cette exposition de Kirk Tougas approche la photographie d'une maniére classique, tirant de la peintu- re et du film documentaire son interprétation des ic6nes du monde entier. Les “Impressions frangai- ses” s’inspirent des ambigui- tés multiples de la vie fran- gaise moderne. Semblables a des pélerins, les touristes évoluent dans la capitale de la culture, de l'art et du style: Beaubourg, le centre Geor- ges Pompidou, a remplacé la Tour Hiffelen tant que péle d’attraction, inspirantla pho- tographie intitulée “Nature morte au Coca-Cola”. Il y a une certaine nostalgie pour la France d’autrefois. Le béton des “Halles IL” rempla- ce les verriéres en fer forgé des anciennes halles. Pour- » tant, les traditions subsis- tent: La boulangerie de la — ~rue Mouffetard, le café-ter- rasse, une fin d’aprés-midi a Biarritz (Nature morte a lorangina), l’édifice du 19e siécle 4 Bordeaux, transfor- mé en garage ou s'affaire un mécanicien (mon nom. est Fuego). Les “Fragments améri- cains” offrent la contrepartie a lexpérience européenne. Ici aussi, le touriste est roi: “Les photographes de Yose- mite”, les visiteurs de mu- sées “d’en attendant Eno”, mais il s’y ajoute la gran- deur naturelle de l'Amérique évoquée dans “Le lac mi- roir’, “Les herbes de Buta- no”, “l’esprit de Molera” et “Tioga”. Pourtant au milieu de ce calme apparent, régne une violence sous-jacente comme l’exprime “Le fusil sauvage”, brisant ainsi le réve américain. Cole, premier hautboiste de !'Urchestre Symphonique de Vancouver; Carolyn Canfield Cole, violoniste au VSO et Paula Kiffner, violoncelliste au VSO. ~ Dimanche 6 juin: Boris Zarankin, virtuose du piano, ces concerts auront lieu a 11h00 au Q.E. Playhouse, 630 rue Hamilton, & Vancouver. $1.50. Un~ service de garderie est offert dans le théatre au prix de $0.50 par enfant.