Cher, et exemplaire , amv Une des occasions les plus émouvantes du congrés 73 aura assurément été la cérémonie d'hommage & Arthur Cheramy, l'un des pionniers les plus sincéres, les plus dévoués, de la Francophonie colombienne. Vers la fin de notre banquet de clé- ture, entre la poire et le fromage, M- Roger Mot ut, président de la Fédéra- tion canadienne-frangaise de L'ouest et vice-président représentant 1'Ouest du pays au Conseil de la Vie frangaise, a retracé, avec humour et émotion, la vie si bien remplie d'Arthur Cheramy. M. Gérald Moreau, représentant du Con- seil pour la Colombie, a remis aM. Cheramy l'insigne de chevalier de la Fidélité frangaise. Le récipiendaire a ensuite prononcé la causerie qui suit. Dans son langage direct et amusant, auquel il ne manque ici que ce subtil mélange d'accent du Hainaut et des Prairies, Arthur Cheramy a su captiver et émouvoir un auditoire fait, en majorité, de Franco-Colombiens aussi voués que lui 4 la cause commu-~ nautaire. (Nous avons reconstitué l'essentiel de ce texte & partir de L'enregistrement aimablement prété par CBUF.) C'est pour moi un grand honneur d'avoir été choisi par le Conseil de la Vie frangaise comme membre de l'ordre de la fidélité frangaise et de recevoir cette décoration des mains du docteur Moreau. Si je suis resté fidéle & la langue frangaise, c'est peut-étre pre- miérement parce que je suis né dans un pays ou naquit la langue fran¢gaise i Je sais trés bien que nos professeurs de langue ainsi que l'Académie frangaise, ne seront pas tout & fait d' accord avec moi. Mais cependant, l'histoire nous dit:vers l'an 68 avant Jésus-Christ, Jules Cesar envoya un rapport & Rome en disant que de l'autre c6té de la Seine existait un peuple appelé belge. Ce peuple habitait donc ce qu'on peut appeler aujourd'hui le Nord de la France, c'est-a-dire eu nord de Paris, la Belgique actuelle dont la frontiére de litest étai le Rhin. Plusieurs siécles plus tard on parlait en Gaule, ou en France comme vous voudrez, deux grandes langues. Dans le sud, on par- lait la langue “d'oc", ce qui voulait dire "oui” en leur langue. Mais dans le nord le peuple parlait la langue"d'ofl"ce qui voulait dire dans leur langue également, “oui".