2— Le Soleil de Colombie, vendredi 10 janvier 1986 Courrier Le droit humain d’étre ce qu’on veut Mesdames et Messieurs, A propos de l'article de M. Bourboulon (20-12, p. 2), s'il est permis 4 un anglophone de s’immis- cer dans une affaire purement francaise, je tiens a dire 4 qui veut m’écouter que, en ce cas, je suis plus enclin a la position de M. Mulroney qu’a celle de M. Johnson. Pour celui-ci, les francophones habitant en francophonie sont plus franco- phones que ceux habitant ailleurs. En fait, il y a quelques mois, un porte-parole du Parti québécois a dit a Radio-Canada, lorsqu’on lui avait demandé ce que deviendraient les Franco-Canadiens non-québécois si le Québec se séparait de la confédéra- tion, “Ils devront se replier sur eux-mémes”. Donc, pour lui et pour ses pareils, il ne s'agit évidemment ni de langue ni de culture mais de géographiel Quant a moi, bien que j'affirme vigoureusement l’importance de lan- gue et de culture, ce qui m'importe le Tune ni l'autre des deux. Au contraire, c’est le droit humain d’étre ce qu’on veut étre, pour peu que, en létant, on n’enfreigne pas le droit analogue d’autrui. Pour le Canada, je suis deux cents pour cent au cété du bilinguisme, et cela .d’un océan 4a l'autre. Réve irréalisable, dites-vous? Peut-étre. Jusqu’a ce que ce soit fait accompli, il me semble nécessaire d’encourager le plus énergiquement possible la mat- trise du francais en anglophonie et de l'anglais en francophonie. Lorsque se tient un congrés mondial franco- phone, la seule condition de partici- pation a ce congrés devrait étre que l'on soit francophone, quel que soit son pays d'origine, quelle que soit sa langue maternelle. Si l’on est prét a- soutenir la cause du francais et a s'exprimer en cette langue, que l’on y ' soit le bienvenu! Si cela déplait 4 M. Johnson et a ses amis, je pleure pour eux. plus dans toute cette affaire n’est ni Léon Hurvitz Une histoire amusante Dans une région comme le aux Canadiens francais... Les fonds Manitoba qui, a l’instar des autres provinces, se targue de traditions démocratiques, comment s’expliquer que la consultation des électeurs sur les questions les plus importantes puisse se faire exclusivement au niveau de certains groupes, sans se soucier du reste de la population? Entrepris activement en 1982, le développement du multiculturalisme au Manitoba constitue l'un des exemples les plus saisissants de cette maniére d’agir. C’est 1a une affaire qui concerne la population tout entiére, mais on s’assure que seuls les groupes ethniques ont droit a la role. Seront éliminés tous ceux qui t habituellement l’opinion canadienne: les gro ciétés qui s‘intéressent a l'éducation, a la santé, aux sports, etc., sans compter les organismes de charité, les mouvements féministes, les asso- ciations du barreau, etc. On s’est servi de l’expression aise “AF- FIRMATIVE ACTION" pour dé- finir ce procédé a sens unique qui permet de se passer si commodément des électeurs... Sauver les apparences Tl est vrai que, le 20 novembre 1982, on s’avise enfin de demander conseil aux Franco-Manitobains, mais ce n’est que pour sauver les apparences. Quelques semaines se sont a peine écoulées que le “Manitoba Intercul- tural Council” annonce la création de quelque soixante-dix cellules ethniques, sans demander I’avis des Canadiens francais, sans respecter en aucune fa les dispositions du sesihacetirralicics dans wuncadre’ bilingue. La méthode employée par le “Council” unilingue a l’égard des groupes ethniques est d’ailleurs aussi simple qu’astucieuse. On forme les nouvelles recrues avec de la propa- gande comme celle-ci: “Vous étiez au Canada avant que les Canadiens que vous recevez pour élever vos enfants en pakistanais ne sont pas suffisants par comparaison a ce que les Canadiens francais obtiennent. On vous en donnera plus... On devrait parler votre langue a la Chambre des communes et vous devriez avoir accés aux emplois supérieurs de la fonction publique... Le Canada n’est pas un pays bilingue, c’est un pays multiculturel. Il en a toujours été ainsi depuis son origine jusqu’a nos jours. Enlevons le multiculturalisme des mains du Secrétaire d’Etat. Et le plus vite possible. (“Let’s get multicultaralism away from the Secretary of State. As soon as possible!” - Jack Murta). Il vous faut des écoles dans votre propre Dénouement Pour de plus amples renseigne- ments sur cette facon d’opérer, on consultera avec intérét les débats du “Manitoba Intercultural Council” qui eurent lieu le 31 mars 1984, a Winnipeg, et que présidaient MM. Jack Murta, Eugene Kostyra, Bud Sherman et Laverne Lewicky. L’en- registrement de cette réunion ayant été réalisé par Radio-Canada, la Société francaise du francais a Tuniversité en a informé monsieur Brian Mulroney, premier ministre du’ Canada (son rapport n° 49). Le dénouement de cette’ histoire amusante, c’est qu’au lieu d’“‘enlever le multiculturalisme des mains du Secrétaire d’Etat”, monsieur Murta s'est fait retirer le portefeuille du multiculturalisme pour s’en voir confier un autre: celui du tourisme canadien. Quelles conclusions tirer de cet échange de politesses? Con- naissant l’unilinguisme intransigeant de M. Murta, ne faut-il se demander, avec une certaine inquiétude,’ si monsieur le ministre fédéral du tourisme ne va pas traiter le tourisme — du Québec et des provinces bilingues de la méme facon qu'il a traité la culture canadienne francaise au En colére Madame, Quand j’ai lu dans le Soleil le 29 novembre l'article par Francois Bourboulon et les mots attribués a Mario Lanthier je me suis mis en’ colérel Le sujet était les vergers de l’'Okanagan et le danger posé par application des pesticides d’une maniere irresponsable. I] disait: “Le probléme, c’est qu'il n'y a aucun souci de l’impact sur l'environnement et les humains. Les fermiers ne se préoccupent pas de leur santé ni de la santé de ceux qui travaillent sur le terrain”, Ce n’est pas vrai. Les mots posent une insulte 4 la majorité des deux mille fermiers de l’Okanagan qui, pour la plupart, ménagent bien leur santé et la santé de leurs travailleurs. Naturellement, nous aussi, avec nos familles, nous demeurons dans les vergers et parmi les arbres. Nous y travaillons toute l’année. On trouve souvent la deuxiéme ou troisiéme génération, de pére en fils, comme propriétaire d’un verger. Réussir a y faire tout le travail on doit employer les meilleurs ouvriers. Ils ne travail- lent jamais pour ceux qui ne se préoccupent pas des conditions de travail, d’hébergement, etc. Je veux dire quelque chose au sujet des pesticides. Les savants de la Station de Recherches Agricoles a Summerland recherchent toujours les produits chimiques les plus efficaces mais les moins dangereux, ou comment contréler les mauvaises insectes ou les maladies en utilisant le minimum de produits chimiques. Aussi, depuis vingt ans ils ont développé et mis au point un programme “Intergrated Pest Ma- nagement” pour utiliser les insectes bons contre les insectes mauvais. Ces savants sont les plus avancés en Amérique du Nord. Je suis fermier, “orchardist”, depuis quarante ans et je suis fier d’étre membre de notre industrie agricole de l’Okanagan. Chez nous, ma femme et moi avons employé long- temps des jeunes québécois (et québécoises) avec plaisir et peu de problémes. Je les ai trouvé excellents. Plusieurs d’entre eux revenaient pour deux ou trois saisons 4 mon verger. Je suis mécontent de lire une attaque totalement sans fondement et qui peut-étre donnera une mau- vaise impression de notre industrie. Comme je suis étudiant en francais je vous prie d’excuser mes erreurs, mais je vous prie aussi de vérifier les informations avant de les publier. Veuillez agréer, Madame, |’expres- sion de mes sentiments distingués. J.G.H. Edwards Okanagan Falls, C.B. La personnalité de l’année Mon petit oncle chéri, Je saisis ma plume - hélas que l’age, les infirmités, et une grande paresse m’obligent a me servir d’une vulgaire machinel et je réponds tout de suite a tes questions (Le Soleil du 20 décembre 1985). Mais, mon Oncle, es-tu pas un peu gaga, depuis le temps que tu bouches des trous pour Archibald est de trés loin la pe nalité de l’année. Enfin, l’Oncle de l'année, en tout cas. Gros béta! Faut pas exagérer, quand méme, ta modestie... 2. Bofl C’est difficile, ca. Main- tenant pour nous autres, les couche- tét, qui au retour de la salle de bains nous recouchons pour ouvrir la bonne radio de notre Sainte-Mére- Qui-Est-A-Montréal, y avait vrai- ment qu'un seul grand événement en 1985. C'est que, l’ami Réjean est- monté a bord de l’Orient-Express! (A moins qu'il ne soit le conducteur de la locomotive, et ou allons-nous?) . 8. Mon Oncle, t’en as de ces questions, aujourd’hui! Tais-toi et- écris! Bon, bon, tu sais trés bien ce que je souhaite pour 1986, toi aussi mais tu es un vieux bouc - l’amour. Heureusement que le bébé Jésus en a apporté des pelletées, malgré la brume, le 25 passé (...) 4. Mais voyons, Oncle Archil Comme sile Canada peut perdre! On perd la téte, le nord, le passage du onnais toi, ophones se nomment Brian?), la jeunesse, les parapluies, méme le dernier numéro du Soleil. Mais on ne perd ni le Québec, ni la bonne humeur, ni les coupes du Monde... Voila. Alors, maintenant, je te prie de rentrer chez toi - tu connais bien le chemin de ton placard - de prendre une bonne rasade d’encre d’impri- merie, et de te tenir un peu, un tout petit peu, tranquille, non? De tas de petits becs affectueux, ton ge Nigel Barbour, Vancouver Merci de votre soutien et meilleurs voeux C’est par dizaines que les lettres et les cartes de voeux pour les fétes sont arrivées soit francais n’y arrivent. Vous avez donc Manitoba? meilleurs voeux. des droits supérieurs aux leurs... André de Leyssac, président général Vous devriez bénéficier individuelle- Société canadienne du francais a Héléne, Sylvie, Annie, ment d’autant d’aide financiére que _l'université igois. le gouvernement fédéral en accorde C.P. 2190, Winnipeg RSC $R5 7 7 - Remplissez ce coupon d’abonnement et renvoyez-le au Soleil de Colombie, 3283, rue Main, Vancouver, C.B. V5V 3M6 | Abonnements: Canada -1an15.00$ 2 ans;25.00$ | Etranger -1 an 20.00$ 2 ans 35.008 Don au Soleil: ...........$ | TEL:_____—____- ’inclus ..........§ pour __ le renouvellement de mon abonnement ou __ mon nouvel abonnement. [NOM ADRESSE S620 oe PILE pp oy. CODE ee Un vétement de cuir a durci? mettez-le sur une surface plate et massez-le vigoureusement avec un peu de glycerine laissez sécher a plat puis essuyer. Rassurez-moi M. Austin Pelton, M.L.A., Provin- cial Environment Minister, Monsieur le Ministre de l’Environ- nement de Colombie Britannique. Jai voulu vous présenter trés sincérement mes voeux de joyeuses fétes de Noél et de bonne année 1986, pour vous, votre famille, les habi- tants de Colombie-Britannique et leur environnement. Je vous ai choisi la méme carte de voeux que j'ai adressée 4 madame Huguette Bouchardeau, Ministre de Environnement du gouvernement francaise J'espére que le Ministre de l'Environnement de Colombie-Bri- tannique en sera honoré et appré- ciera également cette charmante clairiére au milieu des immenses coniféres... Jaimerais a cette occasion que vous me rassuriez, monsieur le Ministre de l'Environnement, concernant les su- perbes foréts protégées jusqu’ici par les nations indiennes. Le gouverne-. ment de Colombie-Britannique va-t- il céder devant les convoitises des puissants lobby sans tenir compte ni de l’existence méme des améridiens ni d’une gestion efficace du patri- moine forestier. En me rassurant personnellement, vous rassurerez également les organisations dont je suis membre et ou, pour certaines, joccupe un poste de responsabilité. Il n’est pas question pour moi de m’immiscer dans les affaires inte- rieures du Canada, mais ravi de me trouver 4 Vancouver depuis six mois et pour une année, je voulais m’adresser 4 vous en ami, vous faisant part de mes impressions d’étranger découvrant votre société. Jai toujours considéré le Canada comme la Suisse de l’Amérique du Nord, je suis surpris de certains développements, en particulier en ce qui concerne I'tle Lyell et le sort qui est réservé aux Indiens Haida. Je dois vous avouer que ce que j’observe choque profondément celui qui eme! af région du monde. Je souhaite de tout coeur que la Colombie-Britannique, au seuil de l'année 1986 alors que Vancouver en appelle au monde entier pour lui rendre visite, saura montrer le visage serein d'un état jaloux de la sauvegarde de ses paysages pres- tigieux, économe de ses richesses naturelles assurant l’avenir de ses enfants, respectueux des peuples et — des nations qui l’ont précédé. Je vous prie d’agréer, monsieur le Ministre de l'Environnement de Colombie-Britannique, 1l’expression de ma plus haute considération. : Dr Yves Rouger Pd Section Environnement de ]’Insti- 3 ‘tut Culturel Breton, Rennes, Pd Hon Union Regionale Bretonne de l'Environnement, Trebeurden Mbre du Bureau Européen de l'Environnement, Bruxelles, Mbre Section Environnement de la ligue des droits de l'Homme, Paris rT a=. -- Lis SEUL JOURNAL DE LANGUE FRANCAISE DELA COLOMBIE BRITANNIQUE PUBLIE PAR LE SOLEIL DE COLOMBIE LTEE 3283, rue Main, Vancouver, C.B. V5V 3M6 | Téléphone: 879-6924, 879-6656 Courrier de deuxiéme classe numéro _d’enregistrement 0046 Abonnement 1 an: Canada 15.008 Les lettres adressées au Soleil de Colombie par ses lecteurs doivent &tre lisiblement signées par leur(s) auteur(s). La rédaction se réserve le droit de corriger ou de raccourcir le texte s'il est trop long. Les lettres doivent étre accompagnées d’un numéro de téléphone et d'une adresse, afin de pouvoir, au besoin, communiquer avec nos correspondants. Toutefois, ala demande, les adresses et numéros de André Piolat Annie Granger Francois Bourboulon Sylvie Arsenault Héléne Adl Etranger 20.00$ téléphone pourront ne pas étre publiés. —