6 , Le Soleil de Colombie, Vendredi 28 Janvier 1977 Lettres Chers Amis du Journal, Depuis des mois, je désire vous écrire... depuis des mois je n’ai réussi qu’a vous lire, méme les petites annonces, et je n’ai pas encore réussi l’exploit d’arriver 4 vous consacrer la plus petite page d’écriture. Aujourd’hui, en cette veille de Noél, je crois pouvoir enfin mener 4 terme ma lettre. D’abord, et avant tout MERCI de nous adresser si réguliére- ment votre journal, car soyez certains que ce journal je le lis en entier et j’en apprécie toute sa valeur; pour moi, il est le seul lien avec mes amis francophones de la plus lointaine province du Canada. Je suis venu a Vancouver, le 30 octobre 1974, j’ai eu alors la surprise d’étre |’héte d’honneur d'un repas trés sympathique. Béziers n'est pas tout a fait une ville de province inconnue pour certains d’entre vous, comme par exemple M. Baillaut qui est venu nous rendre une inoubliable visi- te, en 1975, et également M. Thivierge, qui lui aussi a assisté au Congrés National France-Ca- nada de Béziers en 1976. Nous avons aussi une famille de chez nous installée depuis 1974 a Vancouver, la famille de M. Claude Portes, qui a été Prési- - dent de France-Canada a Bé- ziers... c'est pourquoi Vancouver occupe une place particuliére dans nos pensées et nos coeurs, et c'est pourquoi aussi nous avons le désir de venir vous rendre visite, si cela est possible, au cours de.]’année. Nous serions peu nombreux, 10 au maximuum. Personnellement, je souhai- terais rencontrer les cercles fran- cophones de la province, qui font paraftre réguliérement dans le Soleil leurs communiqués, com- me Victoria, Nanaimo, Prince George, Kelowna, Vernon... car jai eu la joie en 1975 de visiter ces charmantes villes. Nous serions trois couples ou quatre, et puis deux ou trois dames de notre comité. Toutes ces dames sont, soit nos épouses soit des dames veuves, mais toutes sont des enseignantes, c'est-a-dire que notre groupe serait surtout composé d’intellec- tuels, désireux de mieux comprendre comment |’éducation fonctionne en C.-B. et d’avoir des contacts avec tous les milieux francophones de votre province. Naturellement, nous apporte- rions avec nous une documenta- tion sur notre province du Lan- guedoc, avec des diapositives et nous pourrions émailler nos ré- ceptions de causeries sur la France, comme j’ai eu l’honneur de le faire 4 Edmonton, a Saskatoon et A Québec, lors de mon voyage. Ceci implique que notre voya- ge ne peut se faire qu’a la période des vacances, c’est-a-dire en juil- let, période qui, pour vous aussi, est celle des vacances, ce qui, je m’en doute, risque de contrarier beaucoup de nos amis francopho- nes qui, eux aussi, sont en vacances! Je puis vous dire que nous sommes le seul Comité ayant des contacts avec l’ouest canadien, car, jusquici, nos comités sont tous ouverts sur le Québec, mais nous estimons, nous 4 Béziiers, que le Québec n’est pas tout le Canada et que nous nous devons d’apporter notre contribution a tous nos amis francophones de tout le Canada. A toute l’équipe. a tous ceux de la Radio, a tous les lecteurs francophones du Soleil, nous envoyons par votre intermé- diaire les voeux les meilleurs et lassuranece de notre attache- ment a tous les francophones de la Colombie-Britannique. Votre ami de Béziers, France, et toute son équipe du Comité de Béziers région.. Robert FABRE Président de l’Association France-Canada, Comité Béziers-région Cher Monsieur, Comme nous aimons nous ju- ger et nous condamner les uns les autres! Je ne sais si c’est ainsi dans votre région, probablement que oui, mais ici. dans notre province, on gaspille tellement d’énergie a blfmer et a critiquer. Et tout ¢a, dans quel but? Qu’est-ce qui arriverait si toute cette énergie était dirigée dans le but de maintenir une simple attitude d’amitié et de respect les uns envers les autres? “Quelle utopie! Ce n'est pas pratique du tout!” me direz-vous. Mais qu’est-ce qu'il y a de pratique dans notre présente fagon d’agir? Les membres de notre corps s’entendent bien entre eux - aucun bl4me, aucune condamnation, aucun jugement de proté. Il me semble que ce devrait étre Ja méme chose dans le corps de !humanité, car ne faisons-nous pas partie d’une plus grande totalité? . Tine s’agit pas d’essayer d’étre gentil les uns envers les autres tout simplement pour étre gentil. C’est en premier lieu une ques- tion d’honnéteté. car l’habitude de chercher un bouc émissaire n'est sirement pas une manifes- tation d’honnéteté. L’accord est beaucoup plus pratique et cons- tructif que ne l’est le conflit. Notre attitude d’amitié et de respect est essentielle si on désire avoir une expérience d’ac- cord et de bonne entente. Je suis rédacteur-adjoint d’un hebdomadaire rural dans |’ouest du Canada ainsi que rédacteur du bulletin international Integrity- Intéfrité. Je serais trés heureux de connaftre J’opinion de vos lecteurs 4 ce sujet car pour moi c'est une question de responsabi- lité personnelle. L’individu crée son monde. Qui donc acceptera d’étre la manifestation d'un monde nouveau? Cordialement vétre, Chris FOSTER C.P. 9, 100 Mile House, C.B., VOK 2E0 Lausanne, 10 janvier 1977 Chers amis, (...) Si, en Belgique, les relations -entre les communautés linguisti- ques semblent étre assez ten- dues, ce n’est pas du tout le cas en Suisse. Ne connaissant pas la Suisse italienne, je ne m’exprime pas a son sujet. En ce qui concerne les deux autres commu- nautés, la francaise et |'alle- mande, on peut dire, sans trop exagérer, qu’elles constituent une nation, non pas deux. La plupart des Suisses de langue allemande ne parlent pas de francais, ni les francophones d’allemand, mais ils semblent se sentir suisses quand méme. Il y a beaucoup de Jean-Claude Hof- meister et de “Karl-Heinz Le- jeune, pas mal de Gaston Anto- nelli. Lausanne, par exemple, est une ville majoritairement franco- phone (et calviniste), mais dans ce quartier, les meilleurs restau- rants sont italiens. Je suis logé dans un hétel de luxe, ma chambre est un petit palais, et le tarif y correspond. J'ai un appa- reil de télévision bilingue (fran- gais-italien) et de radio bilingue (francais-allemand). J’écoute au moment un poste de radio bilin- gue, mais principalement germa- nophone, qui semble se consacrer. exclusivement 4 la bonne musi- que. En ce moment on présente Yune des oeuvres d'un composi- teur suisse. — J’interromps ce message pour prendre un café. J’ai été servi par une femme qui parlait fran- cais avec un accent distinctement italien. Or, je suis venu 4 Lausanne dans l’intention de me réunir avec Jacques M.. qui partage avec moi un acharnement a I’étude du Bouddhisme. C’est au Japon, il y a bien des années, que jai fait sa connaissance, puis je lai revu, en été 1973, au Congrés International des Orientalistes, qui avait lieu a Paris. (...)H habite tout seul dans un appartement qui est, tout au moins, le triple du mien (le loyer doit étre énorme, car le cofit de la vie dans les grandes villes suis- ses est beaucoup plus élevé qu’a Vancouver). Lausanne constitue la derniére étape dd’un voyage de vacances, au cours duquel je n’ai rien accompli. Je suis allé directe- ment de Paris 4 Londres dans l’espoir que mon ami, Paul T., me logerait, ce qu'il n’était pas en mesure de faire. (It was either the Christmas tree or you’.). Je me suis donc fait loger dans un petit hétel, pas loin de ]’Univer- sité de Londres. Celle-ci était, pourtant, fermée pendant la plu- part de mon séjour. En effet, Londres était quasi-morte entre le 24 décembre et le 4 janvier. A la veille de Noél, la vie s’arréte pour Noél et pour Boxing Day. Puisque ceux-ci sont arrivés un samedi et un dimanche, pour ne pas se sentir privés de deux jours de féte, les Londoniens ont fait du 27 et du 28 deux jours fériés. Il en était de méme du Jour de ’An.Puisque celui-ci était un samedi, les Londoniens se sont reposés le 3, jour de mon départ pour Hambourg. (...) Je tiens a vous dire que Mireille Mathieu est une vedette du monde germanophone. Tandis qu’elle chante en un anglais marqué par un accent légére- ment francais, elle chante en allemand sans accent. Si, elle a un accent, celui de l’Allemagne du sud ou bien de |’Autriche. Est-ce que sa mére est allemande ou autrichienne, ou est-ce qu’el- le est, comme M. Claude Wagner, de descendance alsacienne? Quoi qu'il en soit, on voit sa photo partout en Allemagne et en Autriche, pour ne pas parler de la Suisse. Léon HURVITZ LES POINTS SAILLANTS DU BUDGET (Suite de la p. 1) * La suppression de tous les droits de succession et des taxes sur les cadeaux. effective a minuit, le 24 janvier. ; * Réduction du montant de la taxe de vente payée par les acheteurs de maisons mobiles. * Réduction d’environ 85% des taxes payées sur les ventes de propane. * Des modifications du “Corpora- tion Capital Tax Act destinées a permettre aux compagnies mi- niéres une plus grande flexibilité dans l’amortissement des dépen- ses d’exploration. * Un budget équilibré de $3.83 milliards, ce qui représente un accroissement des dépenses de 5.9% sur 1976-77. * Une prédiction que le gouver- nement finira l'année fiscale 1976-77 avec un budget équilibré ou méme un surplus nominal. * Une hausse de $70 millions du budget du département des rou- tes destinée 4 permettre la continuation des programmes de création d’emplois. * Un rapport selon lequel le déficit réel résultant de 1975-76 s’éléve 4 $261.4 millions. * Un fonds de $15 millions pour la création d’emplois, qui sera utilisé principalement pour l’em- ploi d’été des étudiants. * Une nouvelle affectation de fonds de $8 millions pour le développement. d’ installations récréatives communautaires. * Les sociétés de la Couronne devront emprunter environ $1.3 milliards en 1977-78. L’on estime qu’environ $600 millions devront venir du marché public. * Les ministéres devront payer, dans le cadre de leurs budgets, pour la location des bureaux, l'entretien et les services d’ordi- nateurs. * La subvention-propriétaire de . logement sera accrue, pour les personnes de plus de 65 ans de $50 (elle est ainsi portée a $430), mais il n’y aura pas d’augmenta- tion de la subvention ordinaire. Les contréles ment pour faire reposer les solutions économiques sur la valeur des investissements, ce qui permet une plus grande compétitivité sur les marchés internationaux. De plus, de nou- veaux capitaux enrayent dans une certaine mesure l’épineux probléme du chémage et assu- rent l’approvisionnement cons- tant de matériaux essentiels qui soutiennent l'industrie de pro- duction ‘du pays. A ce sujet, le ministre des Finances a déclaré que le chapitre des investisse- ments sera un des aspects les plus importants dans son agenda de 1977. : Etablis maintenant depuis 1%4 an, les contréles anti-infla- tionnistes ont permis au Canada d’obtenir un taux d’inflation de 5.8% pour la période finissant en Décembre 1976. En ce qui concerne |’abolition prématurée de la Commission anti-inflation- niste, M. MacDonald a souligné cependant qu’i] souhaiterait un genre de programme post- (Suite de la p. 1) contréle qui s’apparenterait a une restriction volontaire. “Cer- tes difficile 4 définir, de dire le ministre, cette restriction pour- rait s'‘identifier 4 certains méca- nismes qui permettraient de connaftre ce qui se passe au niveau des prix et des salaires, ce qui serait susceptible d’agir sur le sens de responsabilité des Canadiens. Cette allocution de M. MacDonald devant le Canadian Club de Toronto constituait l’une ~ des nombreuses rencontres que le ministre effectuera avant la présentation du budget, en mars” prochain. Bien que les experts du Conseil 2conomique du Canada aient prévu un ryth- me de croissance économique nationale inférieure a celle de 1976, M. MacDonald reste convaincu que certaines initia- tives du gouvernement peuvent stimuler les investissements et de la favoriser un rythme de croissance supérieur sinon égal a celui de 1976. La Fédération des Jeunes Ca- nadiens-Francais, qui regroupe les associations provinciales de jeunes francophones hors Qué- bec, est d’avis que les program- mes du gouvernement fédéral en matiére de rapprochement ont été un échec total et n’ont jamais répondu aux besoins et aux aspirations des jeunes franco- phones hors Québec. Pour cette raison, la F.J.C.F. s’opposera a tout nouveau pro- gramme de “rapprochement”, ou de “relations anglophones-franco- phones” aussi longtemps que les gouvernements refuseront d’ad- mettre l’évidence que de tels programmes seront impossibles tant que les deux communautés participantes ne seront pas sur un pied d’égalité. Aux dires de M. Jacques Laprise, nouvellement élu comme président de la F.J.C.F., “Les programmes de rapproche- ment entre anglophones et fran- cophones ont toujours été un échec parce que l'on tentait de rapprocher deux groupes qui n’étaient pas du tout sur un pied d’égalité. Avant de parler de rapprochement, il faut donner a la communauté francophone les outils dont elle a besoin pour se développer. Ce n’est pas le principe du rapprochement que nous opposons; c’est tout simple- ment que nous considérons comme condition essentielle au rapprochement le besoin d’avoir deux “communautés qui bénéfi- cient des mémes droits et ser- ‘Comment peut-on parler d’édu- cation de langue seconde pour les anglophones alors que nos fran- cophones n’ont pas droit, dans plusieurs provinces, 4 une éduca- tion adéquate dans leur langue maternelle? | La F.J.C.F. est en train de préparer un plan de développe- ment a long terme pour la jeunesse francophone hors Qué- bec. Ce plan ira de pair avec celui que prépare la Fédération des Francophones Hors Québec pour toute la communauté franco- phone. Le plan précisera les © besoins des communautés, plus particuli¢grement pour la jeu- nesse et fixera les objectifs a atteindre 4 court et 4 long terme. Le Conseil d’Administration a approuvé un document sur Yorientation de Ja F.J.C.F. Doré- navant, celle-ci tentera de s’im- pliquer dans tout ce qui touche la jeunesse francophone hors’ Qué- bec, et adoptera une politique de revendications ouvertes et publi- ques. Les associations-membres ont également accepté d’intensi- fier leur action dans les provinces en vue d'une plus grande sensibi- lisation des jeunes francophones face a leur situation dans les domaines des lois. de l'éducation et des communications.