AOOT 2008 Depuis 1941... 400 ans... dhistoire de la langue francaise en Amérique du Nord Dans lédition du Réverbére de mai 2008, je vous invitais a redécouvrir la | grande aventure de notre chére langue en territoire nord-américain, notam- | ment lors du Régime frangais, soit de 1608 a 1760. Abordons ce mois-ci les faits saillants relatifs a la deuxiéme époque charniére. 2e époque : régime britannique de 1760 a 1850 A la suite de la Conquéte de 1760, une réorganisation considérable se produisit sur les plans géopoli- tique et social en sol nord-américain. En octobre 1763, le roi d’Angleterre, George III, proclama le démembrement de la Nouvelle-France. A cet égard, de nouvelles structures administratives furent installées; la nouvelle Province of Quebec se trouvant dorénavant limitée aux deux rives du Saint- Laurent. Par ailleurs, au cours des années qui suivirent, le lien culturel entre les francophones nord~ américains et la France fut pratiquement coupé. Dans un tel contexte, la langue frangaise s’est déve~ loppée en vase clos, étant en contact constant avec l’anglais, d’ou la présence grandissante d’anglicis- mes. Toutefois, la langue francaise survit et se développe malgré les conflits politiques et juridiques qui caractérisent la période s’échelonnant de 1791 a 1850. Cette survivance du francais s’explique, en~- tre autres, par la démographie majoritaire des Canadiens de souche francaise et leur détermination. De 1816 a 1850, a la fin des guerres napoléoniennes, des dizaines de milliers d’immigrants britanni- ques s’installérent a Québec et a Montréal. Ceux~ci s’implantérent a titre de commercants. L’établis~ sement et la gestion de boutiques et magasins par ces derniers créa un espace visuel anglophone om~ niprésent dans les villes (affiches, devantures). Vers la fin des années 1840, on constate méme le phénoméne de I’« anglomanie» qui se traduit par un mimétisme des usages britanniques (expressions, modes et produits). En somme, pendant prés de cent ans passés sous le Régime britannique, la langue francaise en terri- toire nord-américain demeure sans statut officiel et évolue selon deux grandes tendances. D’une part, des termes «calqués» de Ilanglais sont utilisés, notamment: coroner, chelin pour « shilling » (monnaie anglaise), set de rideaux, gang et cuillére a thé plutét que cuillére a café, terme utilisé auparavant au cours du Régime francais. D’autre part, emergence de nouveaux mots reflé- tant une réalité particuli¢rement nord-américaine sont adoptés. Il s’agit de canadianismes dont : poudrerie, s’adonner, couverte. A suivre...dans l’édition d’octobre 2008 Nathalie Vazan Bénévole-~assistante a la rédaction du Réverbére 16